dans POLITIQUE DE SANTÉ

La Fédération hospitalière de France (FHF) a publié à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la seconde enquête menée avec Ipsos BVA sur la santé des femmes. Elle révèle notamment que ces dernières relèguent trop souvent leur propre santé au second plan.

«Pivot des parcours de soins familiaux, les femmes prennent les rendez-vous, accompagnent, gèrent les traitements pour toute la famille, faute d’un partage suffisant de ces responsabilités, et ce au détriment de leur propre santé. Notre enquête confirme que la prévention personnelle, pourtant indispensable pour rester en bonne santé, devient souvent secondaire dans des quotidiens déjà saturés par une charge sanitaire et mentale», pointe Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF.

Plus de neuf femmes sur dix (92%) déclarent prendre en charge, seules, au moins une des tâches liées à la santé des membres de la famille : prise de rendez-vous médicaux, gestion des traitements ou accompagnement aux consultations. Elles sont 74 % à assumer seules ces trois missions, sans le concours de leur conjoint. Or, près de 6 sur 10 estiment que cette charge a un impact négatif sur leur bien-être et leur équilibre psychologique, une proportion qui atteint 78 % chez les mères de moins de 30 ans.

De plus, les femmes relèguent trop souvent leur propre suivi médical au second plan. Près de 6 sur 10 ne réalisent pas systématiquement leur examen de contrôle gynécologique, lorsqu’il est recommandé, et cette proportion grimpe même à 8 femmes sur 10 chez les moins de 30 ans. Près d’un quart des interrogées rapportent ne jamais ou rarement effectuer les dépistages suggérés. Parmi les raisons de ce non-recours : la négligence (29 %), le sentiment de ne pas être concernée (27 %), la difficulté à obtenir un rendez-vous (26 %), le manque de temps (18 %) ou encore la peur du diagnostic (12 %).

La FHF dénonce par ailleurs une «double peine» : plus de deux femmes sur cinq déclarent avoir déjà subi une minimisation ou une banalisation de leurs douleurs par un professionnel de santé, en raison de leur genre (43 %). Cette situation est d’autant plus forte chez les moins de 30 ans. Un tiers des femmes indiquent par ailleurs avoir déjà vécu une situation au cours de laquelle leur consentement n’a pas été pleinement respecté lors d’un examen gynécologique.

L’étude pointe enfin un «déficit d’écoute et d’information à tous les âges de la vie».


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Photo : Frédérik Astier / Cocktail Santé
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