dans POLITIQUE DE SANTÉ

Dans une récente étude, l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) se penche sur les inégalités d’accès à ces trois spécialistes en s’appuyant sur indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL), déjà utilisé en médecine générale.

Aux inégalités géographiques d’accès aux soins de premier recours et spécialisés peuvent s’ajouter des difficultés d’accessibilité financière liées aux dépassements d’honoraires. Dans ses travaux, l’Irdes étaye ce constat en se concentrant sur trois spécialités : les cardiologues, les dermatologues et les ophtalmologistes. D’importantes disparités sont constatées dans la plupart des départements «avec une centralité – correspondant souvent à la préfecture – qui offre une bonne accessibilité à ces médecins, celle-ci se réduisant progressivement à mesure que l’on s’en éloigne».

Pour les ophtalmologistes et les dermatologues, l’accessibilité repose essentiellement sur l’offre de secteur 2 (ils sont respectivement 61% et 56% à y exercer), tandis que les cardiologues sont en écrasante majorité en secteur 1 (76 %). L’Accessibilité potentielle localisée (APL), permettant de mesurer l’adéquation entre l’offre et la demande de soins, est ainsi divisée par deux en se limitant au secteur 1 (passant à 22 contacts pour 100 habitants, contre 45 pour 100 pour tous les secteurs de conventionnement) pour les ophtalmologistes. L’accessibilité aux dermatologues repose un peu moins sur l’offre de secteur 2, avec 16 contacts pour 100 habitants en moyenne pour tous les secteurs, et 10 contacts pour 100 en se limitant au secteur 1. Et pour les cardiologues, la différence est très faible selon les différentes pratiques tarifaires.

Pour les trois spécialités, des «configurations spatiales similaires» sont constatées. Les patients accèdent plus facilement aux soins dans le centre de l’Ile-de-France, l’Alsace, la vallée du Rhône, le pourtour méditerranéen ou le Nord – Pas-de-Calais. Les grandes villes s’avèrent également bien dotées, comme Toulouse, Bordeaux, Nantes. A l’inverse, certaines régions présentent une faible accessibilité pour ces trois spécialités : le sud du massif Alpin, la Corse ou les Pyrénées, ainsi que de la Guyane.

Enfin, les dépassements d’honoraires renforcent les inégalités sociales d’accessibilité géographique aux spécialistes, «celle-ci est plus faible pour les communes les plus pauvres et plus élevée pour les communes les plus riches, dans lesquelles la demande est plus solvable».


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé
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