A l’approche de la Journée du Sommeil, qui se tiendra vendredi prochain, l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) vient de publier les résultats de son enquête annuelle. L’organisation souligne, dans un communiqué, que le sommeil «apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur de santé publique».
Au total, 38 % de la population est concernée par des troubles du sommeil, à commencer par l’insomnie. En moyenne, les Français dorment 6h50 en semaine, soit 14 minutes en un an. Par ailleurs, un quart des personnes interrogées dorment moins de 6 heures par nuit et près d’une sur deux se réveille fatiguée. Or, cette dette n’est que partiellement compensée les jours de repos, d’autant que 83% se lèvent toujours ou souvent à la même heure. «Les Français ont intégré l’idée qu’un rythme régulier favorise le sommeil, mais cette stabilité se fait parfois au détriment d’une récupération suffisante», souligne la Docteure Isabelle Poirot, présidente de l’INSV, psychiatre et spécialiste des troubles du sommeil au CHU de Lille.
Les rythmes de vie actuels éloignent de l’horloge biologique circadienne, qui organise de nombreuses fonctions essentielles de l’organisme. En outre, le manque d’exposition à la lumière naturelle le jour, la surexposition à la lumière artificielle le soir, ou les horaires irréguliers perturbent la synchronisation de l’horloge interne. Et près d’un actif sur cinq travaille de nuit ou à des horaires décalés, alors que cette organisation du travail est associée à un risque accru de troubles du sommeil et de pathologies métaboliques, cardiovasculaires ou psychiques.
Les conditions de vie, influencent fortement la qualité du sommeil. Les personnes vivant en appartement ou en ville sont plus exposées aux nuisances sonores, à la chaleur estivale ou à l’insécurité. Ces contraintes s’ajoutent souvent à des rythmes de travail atypiques ou à des situations de précarité. «Ces observations rejoignent les travaux récents sur la santé circadienne qui soulignent l’importance de l’alignement entre nos rythmes biologiques et nos rythmes de vie. Lorsque ce désalignement circadien s’installe, il peut affecter la qualité du sommeil mais aussi la santé mentale, les performances cognitives ou encore la santé cardiovasculaire», observe l’INVS. Les maladies chroniques accroissent également les risques d’être exposés à des troubles du sommeil. Ainsi, 74% des patients présentant des affections dermatologiques ou encore pour 64% de ceux souffrant de troubles psychiques sont concernés.


