A l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre les cancers, l’Institut national du cancer (Inca) a présenté la seconde feuille de route 2026-2030 de la Stratégie décennale de lutte contre cette maladie.
Ce second volet «ne change pas de cap. On garde le pas décennal, mais nous accélérons, nous consolidons ce qui fonctionne, nous corrigeons ce qui doit l’être et nous ouvrons de nouvelles perspectives», a souligné Emmanuel Macron dans une vidéo diffusée au début de la journée organisée par l’Inca. La nouvelle feuille de route sera dotée de plus de 1,7 Md € sur cinq ans, un budget renouvelé par rapport à la précédente période (2021-2025).
«A mi-parcours, cette seconde feuille de route permet d’orienter la Stratégie décennale de lutte contre les cancers sur les priorités les plus stratégiques d’ici 2030 et de tenir compte des avancées nouvelles et des défis émergents», souligne l’Inca. En tout, 107 actions et 31 objectifs ont été définis autour de cinq publics cibles : jeunes, personnes handicapées, résidents des territoires ultramarins, monde du travail, personnes âgées. Une des priorités vise ainsi à «bâtir une génération prévention», en intervenant dès le plus jeune âge et en développant une «culture commune» chez les acteurs intervenant auprès des enfants et adolescents. Alors que l’objectif de la première «génération sans tabac» a été fixé en 2032, la lutte contre le tabagisme sera intensifiée, notamment dans le cadre du prochain plan national attendu l’année prochaine. Concernant le cancer du col de l’utérus, les campagnes de vaccination contre les infections liées au HPV au collège seront poursuivies, et une stratégie de rattrapage vaccinal jusqu’à 26 «déployée suite à son remboursement par l’Assurance Maladie».
La feuille de route vise également à «proposer un dépistage pour chacun». Un programme organisé de dépistage du poumon sera expérimenté dès le mois prochain en vue d’une généralisation à horizon 2030. Plus globalement, le risque individuel sera mieux pris en compte dans les dépistages des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus «afin d’orienter les personnes vers des parcours adaptés». Afin de «construire un parcours de santé augmenté», les patients dépistés positivement devront pouvoir être orientés «au plus vite» vers «un point d’entrée dans le parcours» (un référentiel sera élaboré à cette fin). La mise en place de diagnostics accélérés en cas de suspicion de cancer ainsi que la création de nouveaux réseaux d’excellence clinique pour les cancers de mauvais pronostics sont également annoncés.
Autre objectif pour les 5 ans à venir, «incarner le service public du cancer». Celui-ci passera par la création d’un guichet unique et numérique ainsi que par la mise en place du registre national des cancers (le décret fixant les modalités de mises en œuvre a été publié toute fin 2025). Enfin, la feuille de route prévoit de «libérer le potentiel de la recherche et des données», notamment en accélérant l’ouverture et en garantissant l’accessibilité des essais cliniques et en déployant des «applications concrètes, sécurisées et éthiques» de l’intelligence artificielle.
Selon une nouvelle étude (publiée mardi dernier dans la revue Nature), réalisée par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 40% des cancers dans le monde sont liés à des facteurs modifiables. Sur les près de 19 millions de nouveaux cas de cancers identifiés par an, quelque 7 millions sont donc liés à des causes évitables.


