La Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) a présenté hier son rapport de branche pour 2024. Une première visant à donner plus de visibilité sur l’action qu’elle porte tout en objectivant les réalités de terrain dans les domaines de la perte d’autonomie et du handicap.
A l’occasion d’une conférence de presse organisée hier, le président de la CNSA, Jean-René Lecerf, et son directeur, Maëlig Le Bayon, ont fait un point sur l’actualité Grand âge/handicap du PLFSS tout en présentant le premier rapport d’activité de la branche.
«Nous sommes dans une situation pour le moins inhabituel avec cette attente autour du PLFSS. Tout cela peut déboucher sur des retards qui peuvent être pénalisants pour notre branche et ses usagers». Si le président du conseil se veut inquiet par l’instabilité réglementaire actuelle, il pointe néanmoins que dans ce nouveau projet de budget près de 300 Ms € seront consacrés aux Ehpad en difficulté (60% d’établissements sont déficitaires en 2022) dans le cadre du fond d’urgence. «C’est une bonne chose, les aides sont toujours les bienvenues». Malgré tout, Jean-René Lecerf rappelle que les efforts «ne peuvent porter sur les seuls Ehpad» en soutenant que le développement d’autres formes de logement, à l’image de l’habitat inclusif partagé, soit davantage soutenu en vue de répondre aux besoins propres à chaque personne. En parallèle, le conseil de la CNSA réitère son souhait qu’un plan Marshall sur la formation et le recrutement dans les métiers du secteur soit déployé à terme en vue de répondre au défi démographique. Son directeur, en fonction depuis septembre dernier, a de son côté rappelé que les politiques de l’autonomie sont «au coeur des arbitrages faits par les pouvoirs publics malgré le contexte budgétaire actuel», avec une hausse de l’Ondam supérieur à 7%, près de deux fois plus que celui de l’hôpital.
En parallèle, Maëlig Le Bayon a présenté le premier rapport de branche de la CNSA. Un document fondamental pour présenter « une meilleure visibilité de notre action face à l’extrême complexité du secteur de l’autonomie ». Construit autour de huit thématiques, ce texte fait une photographie de la branche à date en présentant «l’objectivité des réalités et des inégalités existantes entre les départements tout en rationalisant la présentation des financements». Un sujet qui manque parfois de lisibilité, comme le concède la caisse nationale. Si le rapport présente un certain nombre de constats, plusieurs pistes d’amélioration de l’existant seront présentées prochainement, notamment sur le virage domiciliaire et la prévention. Sur ce dernier point, la branche Autonomie a d’ailleurs lancé récemment un travail de recensement des bonnes pratiques au travers de la création d’un centre national de ressources et de preuves. En outre, la branche confirme son ambition en matière de transformation de l’offre, financée actuellement à hauteur de 250 Ms €, et de bascule vers une logique plus servicielle.
Enfin concernant l’expérimentation en cours dans 18 départements du service public départemental de l’autonomie SPDA, le directeur de la CNSA a souligné que bien qu’existe « une diversité des situations », une dynamique entre les acteurs s’opère. A terme, l’objectif est de viser « un modèle cible de convergence autour des réponses à apporter aux usagers même si derrière, cela se matérialisera pour des adaptations en fonction des réalités territoriales».


