dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Tout le monde aura compris que réaliser des économies dans les dépenses publiques et sociales, où, a contrario, quêter de nouvelles recettes, s’apparente pour le gouvernement à un véritable parcours du combattant où l’on reçoit davantage de coups que l’on en donne. Ce cru 2025 est de ce point de vue, un des pires moments budgétaires de ces dernières années. Quoi que dise ou fasse l’équipe de Michel Barnier, avec des bonnes ou de moins bonnes idées, tout le monde lui tombe sur le râble.

Dernièrement, la piste d’une hausse des taxes sur le sucre, et par là même sur une part significative de l’alimentation transformée, a fait hurler les industriels au motif qu’ils ne sont pas responsables du déficit de la Sécurité sociale. Dans l’immédiat, peut-être. Sur la durée, ils endossent une part de responsabilité. En promouvant à l’excès ce qui relève de la « malbouffe ». Tout cela est su, documenté, répété. Les conséquences sont également connues. Elles ravagent une partie de la population via une poussée sans précédent de l’excès de poids si ce n’est de l’obésité. Et par-delà, une atteinte profonde à ce qui permet une qualité de vie et de bien-être des personnes. Que faire alors ? Taxer plus pour dénicher quelques sous pour moins déséquilibrer les comptes de l’Assurance Maladie. Pourquoi pas, mais l’enjeu exige d’adopter une approche plus large. C’est toute une conception de notre façon de nous alimenter qu’il convient de revoir. Et par là même, une partie de nos modes de vie.

L’industrie agroalimentaire est évidemment utile, mais elle doit révolutionner ses pratiques en arrêtant, pour une partie de ses acteurs, de « carburer » aux produits ultra-transformés. On peut manger sain, tout en privilégiant des circuits courts, et pour pas forcément plus cher. Nos territoires sont moteurs sur ces sujets. On ne peut également mettre de côté la nécessité d’éduquer les consommateurs que nous sommes. Et ce, dès le plus jeune âge dans le cadre scolaire. Autres idées à pousser : mettre le paquet sur l’information, en rendant obligatoire le Nutri-Score ou en interdisant certaines publicités nocives sur les écrans comme dans certains pays.
Notre politique de santé publique est trop soft, trop subtile pour convaincre au-delà des couches sociales déjà acquises aux efforts de prévention. Là se niche nos marges de progrès. Mais, en avons-nous la réelle volonté ?


Illustration : Vectorstock
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