La Drees a publié les premières données de son ouvrage annuel sur les établissements de santé, portant sur 2023. La situation financière des hôpitaux publics se dégrade à nouveau très fortement avec un déficit de 2,4 Mds €, tandis que celle des cliniques privées à but lucratif reste bénéficiaire, à 362 Ms €.
Le secteur hospitalier concentre près de la moitié de la consommation de soins et biens médicaux (49,1%) et 6,3% de la consommation finale effective des ménages, avec 122,1 Mds € de dépenses très majoritairement assumées par l’Assurance Maladie (92,6%).
Concernant les hôpitaux publics, le déficit se dégrade de plus d’1 Md €, en particulier suite à la sortie progressive des dispositifs exceptionnels de soutien pour faire face à la crise sanitaire, dans un contexte d’inflation. La forte progression des dépenses, amorcée depuis la crise sanitaire, s’est poursuivie (+ 6,6 % après + 5,1 % en 2022), pour atteindre 105,9 Mds €. Dans le budget principale (excluant en particulier les soins de longue durée) celles «à caractère hôtelier et général explosent» à +34,5% s’élevant à 12 Mds €. «Dans le même temps, les recettes augmentent aussi mais un peu plus modérément (+5,6 %), ce qui explique le creusement du déficit», avance le service statistique. L’effort d’investissement poursuit sa hausse amorcée en 2021, à la suite des engagements pris lors du Ségur de la santé, à 5,6 Mds € en 2023, soit 5,4 % des recettes.
L’encours de la dette des hôpitaux publics recule pour la deuxième année consécutive, retrouvant son niveau d’avant la crise (soit 29% des recettes). «Mesuré par la part de la dette dans les capitaux permanents, le poids relatif de cet endettement continue à diminuer en raison des mesures de restauration des capacités financières prévues dans le cadre du Ségur de la santé», précise la Drees. Il s’établit ainsi à 45% (après 45,7% en 2022 %). Toutefois, la capacité d’autofinancement, se replie et représente 1,7 % des recettes en 2023 après 2,9 % en 2022.
Concernant les cliniques privées, le résultat net de 362 Ms € rapporté aux recettes s’établit à 1,8 % en 2023, en recul par rapport à 2022 (3%). Malgré cette situation globalement bénéficiaire, la proportion de cliniques dans le rouge augmente (32% après 25%), avec toutes les disciplines d’activités concernées. L’effort d’investissement atteint 4,9 % des recettes après 5,6 % en 2022. Il reste supérieur à la capacité d’autofinancement, qui se replie fortement pour la deuxième année consécutive (2,9 % des recettes), «son niveau le plus bas depuis 2006», souligne la Drees. L’encours de la dette des cliniques privées diminue également sous l’effet des mesures de restauration prévues dans le cadre du Ségur de la santé et s’établit à 2,1 Mds € (après 2,3 Mds).


