dans PRÉVOYANCE

La Drees publie a publié début avril une étude consacrée à la couverture de la population par une complémentaire santé.

Seuls 3,4% de la population étaient dépourvus de complémentaire santé, en 2023. Cette part s’est considérablement réduite depuis 25 ans mais demeure toujours plus élevée chez les plus modestes. Elle grimpe ainsi jusqu’à 7 % chez les personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Malgré la complémentaire santé solidaire (C2S), le frein reste principalement financier. Une personne non-équipée sur trois déclare ainsi ne pas avoir les moyens de souscrire à une couverture. Par ailleurs, 15 % des personnes en étant dépourvues déclarent ne pas en avoir besoin, 12 % être en cours d’adhésion, et 10 % ne pas penser ou avoir le temps d’y souscrire.

Les chômeurs et les étrangers présentent des taux de non-couverture élevés, proches de 10 %, suivis par les ménages monoparentaux (5 %). Parmi les personnes vivant seules, les hommes, pourtant plus aisés, sont plus souvent dépourvus que les femmes (6 % contre 2 %). En revanche, les personnes en ALD, mieux remboursées par l’AMO pour leurs dépenses liées à ces affections, «ne renoncent pas davantage à une complémentaire santé», relève la Drees. Leurs restes à charge après remboursement de l’AMO restent en effet élevés, «à un niveau bien supérieur au reste de la population», toutes les dépenses liées aux ALD n’étant pas prises en charge (franchises médicales, participations forfaitaires, forfaits journaliers hospitaliers et dépassements) et tous leurs frais de santé n’étant pas liés à leur affection (4/5 de leurs restes à charge).

Dans le détail, 44 % de la population est couverte par un contrat d’entreprise ou de la Fonction publique (74 % parmi les salariés), 42 % par un contrat individuel (91 % parmi les retraités), et 11 % par la C2S (40 % parmi les chômeurs).

Les personnes protégées par la C2S sont celles se déclarant les plus satisfaites par leurs remboursements, à l’inverse des souscripteurs de contrats individuels. «De fait, la C2S protège ses bénéficiaires des restes à charge, notamment via l’exonération des dépassements d’honoraires, tandis que les contrats d’entreprise présentent en moyenne de meilleures garanties que les contrats individuels», souligne le service statistique des ministères sociaux.

Depuis 2010, la non-couverture apparaît en légère baisse, sous l’effet de la mise en place de dispositifs publics à destination des plus modestes (CMU-C et ACS, aujourd’hui remplacés par la C2S) et, dans une moindre mesure, de l’Ani Santé. L’extension de ce dispositif aux agents la Fonction publique, via la PSC entrée progressivement en vigueur depuis le 1er janvier 2025, pourrait permettre un nouveau recul du taux de personnes non-équipées. L’impact s’annonce toutefois limité car ces populations étaient déjà très largement couvertes avant la réforme.


Photo : Luc Seba / Cocktail Santé
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