Dans le cadre de son programme «santé mentale et psychiatrie» et alors que la santé mentale a été consacrée Grande cause nationale 2025, la HAS vient de publier une recommandation portant sur l’articulation entre les champs de la protection de l’enfance et de la psychiatrie.
La Haute autorité s’est autosaisie après un double constat. D’une part, les enfants protégés sont exposés à un risque plus important de troubles anxieux, dépressifs, de stress post-traumatique ou encore du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Et d’autre part, leur accès aux soins en psychiatrie «reste problématique», car trop souvent en situation d’urgence et avec des ruptures de suivi. Or, cette situation résulte notamment d’une coordination encore insuffisante entre protection de l’enfance et psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
Les recommandations visent à mettre en place «un repérage au plus tôt, un accès aux soins facilité et un suivi décloisonné». La détection de ces troubles doit intervenir dès le début de l’accompagnement «puis tout au long (du) parcours». Plusieurs pistes sont identifiées à cette fin. Par exemple, les professionnels responsables de l’accompagnement doivent s’assurer de la réalisation du bilan obligatoire de santé et de prévention (intégrant un volet santé psychique), dans un délai d’un mois après le début de la mesure de protection. L’autorité publique indépendante à caractère scientifique préconise également une rencontre programmée avec un psychologue de la protection de l’enfance pour chaque enfant concerné.
Pour favoriser l’accès aux soins, elle évoque l’identification d’un interlocuteur au sein de chaque établissement de santé autorisé en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent qui assure la liaison avec la protection de l’enfance. La mise en place d’une organisation permettant une évaluation rapide pour les premières demandes concernant des enfants protégés est aussi requise.
Enfin, pour éviter les ruptures dans le suivi, des échanges «fluides et réguliers entre les acteurs des deux champs», doivent être mis en place. Des repères sont proposés pour permettre de mieux appréhender le cadre juridique applicable.
La HAS s’adresse également aux acteurs chargés d’organiser la coordination aux différents échelons territoriaux (conseils départementaux, ARS, directions territoriales et inter-régionales de la protection judiciaire de la jeunesse…). Elle recommande en particulier la mise en place systématique de conventions entre les acteurs des deux champs, «formalisant les rôles et engagements de chacun et les modalités concrètes de coordination».


