L’institut national du cancer (Inca) a annoncé la mise en place du programme pilote de dépistage des cancers du poumon cette année.
A l’issue de l’appel à candidatures lancé en juillet dernier, le projet de recherche Impulsion a été retenu. Ce programme, coordonné par les professeurs Marie-Pierre Revel (AP-HP) et Sébastien Couraud (Hospices Civils de Lyon), s’appuie sur un consortium rassemblant 29 structures partenaires. Il constitue l’«étape préalable à la généralisation espérée d’un programme de dépistage organisé de ces cancers», selon l’Inca, et s’adressera aux fumeurs et ex-fumeurs de 50 à 74 ans. Nécessitant l’inclusion de 20 000 participants, ce modèle expérimental repose sur un scanner thoracique à faible dose (avec deux examens à un an d’intervalle, puis tous les deux ans), combiné à une proposition de sevrage tabagique. Ce dépistage pourrait réduire d’environ 20 à 25% la mortalité liée à ces cancers.
Doté d’un financement de l’Inca à hauteur de 6 Ms €, ce programme vise à évaluer les conditions optimales d’organisation du dépistage en les adaptant aux territoires. Plusieurs modalités d’invitation seront proposées, avec une attention particulière aux populations les plus précaires dans une approche «d’aller vers». Ce projet sera progressivement déployé dans plusieurs régions, selon des organisations décidées par les ARS concernées. L’Assurance Maladie soutiendra le projet, notamment en assurant la prise en charge à 100% des scanners.
L’inclusion des participants pourra être envisagée par un médecin investigateur dans certains centres d’examen de santé de l’Assurance Maladie (notamment pour les personnes les plus éloignées du système de santé), sur une plateforme digitale ou encore par téléphone. Dans ces deux derniers cas, un «rendez-vous d’inclusion» avec un médecin sera organisé. Par ailleurs, l’ensemble des professionnels intervenant dans le programme seront spécifiquement formés et le médecin traitant sera informé de la participation de son patient.
«Ce programme pilote marque une avancée significative dans la lutte contre les cancers du poumon. Pour les patients, leur détection précoce offre des chances réelles de guérison. L’adhésion de ceux de nos concitoyens qui sont concernés par ce programme conditionnera le futur d’un dépistage généralisé. La mobilisation des professionnels sera tout aussi primordiale. En soutenant la coordination de ce programme par des radiologues et des pneumologues, l’implication des médecins généralistes et de nombreux professionnels de santé représente un engagement collectif et fort contre ce fléau», souligne le professeur Norbert Ifrah, président de l’Inca.
En France, les cancers du poumon représentent la première cause de mortalité par cette maladie, avec 30 400 décès par an. Le tabagisme est responsable de près de 80% des cas diagnostiqués.


