dans POLITIQUE DE SANTÉ

Les représentants des internes de médecine générale et des médecins généralistes ont à nouveau alerté sur l’état d’impréparation, jugé «alarmant», de la réforme de la quatrième année d’internat de médecine générale. De son côté, Yannick Neuder, ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, a lancé hier la constitution d’un comité de suivi dédié à ce chantier, hier lors d’un déplacement, dans une Maison de santé pluridisciplinaire (MSP) dans les Hauts-de-Seine.

«Pourtant actée depuis 2 ans et alors que sa mise en place est prévue dans 1 an, aucun cadre réglementaire n’a encore été défini pour cette année supposée enrichir la formation des futurs généralistes», relevaient les cinq organisations représentant les généralistes et internes de médecine générale dans un communiqué diffusé dimanche. Pour mémoire, la réforme du diplôme d’études spécialisées est prévue par le PLFSS 2022. «Dans ce contexte inquiétant, il est inconcevable d’imaginer qu’un nombre suffisant de médecins s’engagent à accueillir et encadrer un futur généraliste. La tentation d’une redirection par défaut vers des services hospitaliers doit être écartée clairement par le gouvernement, l’objectif pédagogique de cette phase de consolidation du DES de Médecine Générale étant explicitement dans la loi une préparation à l’exercice professionnel ambulatoire sur le territoire», poursuivaient les porte-paroles des internes en médecine générale et généraliste.

Le comité de suivi annoncé hier par le ministre de la Santé sera animé par le Dr Guillaume Bailly. Ses priorités seront, selon sa lettre de mission, de «travailler à la qualité de l’encadrement des docteurs juniors de médecin générale impliquant la réalisation d’une cartographie des terrains de stage, notamment les cabinets libéraux, les MSP, les centres de soins non programmés (CSNP)», ainsi que d’élaborer un calendrier «précis» des groupes de travail en vue de «garantir la mise en application de la réforme dans les délais prévus».

En outre, «nous avons pu avancer sur un modèle possible de rémunération des docteurs juniors, qui répond à leurs attentes et valorise à sa juste valeur les services qu’ils apportent aux patients et à la population durant cette année», a annoncé Yannick Neuder. La rémunération intégrera également des éléments permettant de valoriser l’exercice et la permanence des soins. Et les conditions d’exercice seront travaillées avec les élus locaux. Une incitation est par ailleurs prévue pour les médecins généralistes s’engageant dans l’accueil des internes en stage.


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé
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