dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Le récent coup de « gueule » du professeur Mathias Wargon, chef des urgences et du SMUR du centre hospitalier Delafontaine à Saint-Denis, mérite d’être salué.

Le médiatique praticien pointe la saturation des lits hospitaliers par les malades atteints de complication grippale, notamment par les personnes âgées. Le point commun à ces patients : tous n’étaient pas vaccinés et peu d’entre eux ont respecté les gestes barrières. Bref, un fiasco sanitaire classique. Rien que lors de l’hiver 2024-2025, on décomptait plus de 16 000 décès. Cette année, les chiffres pourraient être plus élevés encore. Une situation effrayante et effarante !
Le docteur Wargon regrette vivement cette situation absurde où le personnel des urgences se voit contraint d’être mobilisé via le Plan Blanc hospitalier afin de face à une crise sanitaire largement évitable. Et de poser la question de faire payer des tels errements ou de rendre obligatoire la vaccination. Une situation mettant en cause, selon lui, le principe même de solidarité et du devenir de notre Sécurité sociale. Fort mal en point à maints égards. Gageons que l’on débattra à l’infini sur la liberté du patient, sur l’exigence morale des soignants à accueillir toutes les demandes de soin. Voire même sur l’efficience du vaccin.
L’année écoulée fut celle du 80e anniversaire des ordonnances de 1945. L’occasion de fêter notre réussite collective. Selon nous, le noble bilan de principe se heurte cependant à des réalités plus nuancées. La Sécu, c’est un contrat responsable. Le plus beau, mais aussi le plus exigeant qui puisse être. Des droits, bien sûr, mais aussi des devoirs. Envers soi-même et les autres, à commencer par la prévention pour chacun dans ses gestes de la vie courante. Pas de vraie solidarité sans responsabilité personnelle et collective.

Ce qui est plus largement dénoncé ici c’est cet affaissement d’esprit citoyen, confronté à une dérive qui pourrait être à terme mortifère. Érigeant alors notre système de santé pour certains d’entre nous, nourris parfois par l’obscurantisme, en simple mode de consommation courante et de confort personnel. Le combat des vaccins pour tous est une conquête collective. Nos réussites sont exemplaires. Aurions-nous déjà oublié la tragédie de la pandémie de Covid-19 ?


Illustration : Freepik
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