dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Que l’examen de ce PLFSS fut éreintant !

Pour autant, point de satisfecit maintenant que tout cela est derrière nous. D’ailleurs, peut-on collectivement se satisfaire du sempiternel dilemme selon lequel « un mauvais budget vaut mieux que pas de budget du tout » ?
Le péché originel fut d’avoir pensé que ce projet de loi de financement pouvait s’exonérer des stratégies politiques électorales à venir ! Plus encore, croire que devant le mur désormais inexpugnable des déficits et de la dette, émergerait un vrai courage public des élus de tous bords, relevait de la naïveté.
Imaginer qu’un texte, reprenant une large partie du plan d’économies dessiné par François Bayrou puisse passer sans 49-3 dans la configuration parlementaire que nous connaissons était un pari plus qu’osé. À sa décharge, nul ne pouvait nier à l’issue du « moment de vérité » estival, l’impérieuse nécessité d’endiguer cette spirale déficitaire qui nous ampute de potentielles marges de manœuvre pour répondre aux incertitudes auxquelles nous devrons faire face dans la prochaine décennie. Le hic étant que, si ce constat fut globalement partagé, le modus operandi ne pouvait faire consensus. Sauf à laisser filer les choses, intérêts politiques des uns et des autres obligent !
Le problème est que le logiciel politique de nos décideurs n’est plus compatible avec les exigences du pays. La France n’a plus de marge de manœuvre budgétaire et la Sécu voit ses finances plonger dans un abysse inédit, presque sans solutions.

On a beau fouiller dans le détail du PLFSS, nous cherchons désespérément une quelconque incitation à l’optimisme. Si une recette miracle était illusoire, n’était-il pas envisageable de tenter des choses et de faire autrement ? Une amorce de rééquilibrage durable des comptes via un peu de courage collectif. Des mesures visant à améliorer les problématiques structurelles de notre système sanitaire : hormis le ballon d’essai France Santé, elles sont carrément absentes. Le mantra de la responsabilité accrue des acteurs, défendu à juste titre par notre 10e ministre de la Santé en 8 ans (un record du monde) a quant à lui dû se perdre entre deux navettes parlementaires.
Décidément, le « ouf de soulagement » gouvernemental à l’issue du vote de ce texte aura laissé un goût particulièrement amer.

ESE prend ses quartiers d’hiver et vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année.

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