Décidément, il semble désormais de coutume que les rentrées politiques françaises ne s’apparentent guère à de longs fleuves tranquilles.
En annonçant successivement un plan d’économies plutôt secouant avant la trêve estivale, et un vote de confiance pour lundi prochain, il faut reconnaître que François Bayrou n’a rien fait pour briser cette spirale. Or, quoi que l’on pense de cette séquence, la possible (probable ?) chute du gouvernement la semaine prochaine, n’est au final pas une bonne nouvelle pour un pays manquant cruellement de stabilité dans un contexte national et international l’exigeant.
Ce scénario était-il inévitable ? On peut décemment le penser. La prescription du « moment de vérité » était-elle la plus adaptée ? La question se pose. Personne ne revient sur la nécessité de redresser nos comptes publics et sociaux. Mais pourquoi alors avoir décidé d’agiter de tels chiffons rouges sachant qu’ils induiraient une levée de bouclier ? Un consensus sur le besoin de renforcer l’efficience de l’État, du système social et de santé, d’amplifier les efforts de prévention sur les pathologies chroniques, la lutte contre la fraude, la maîtrise des volumes d’actes et de prescriptions en matière de soin où les gaspillages pullulent, était atteignable. De même, qui pourrait aller à l’encontre d’une relance des chantiers structurels comme ceux liés à l’appétence au travail ou l’équité fiscale ? Des marges existent. Aborder la question des économies en ouvrant le bal par un projet de suppression de deux jours a de quoi étonner. Comment l’exécutif espérait-il que l’opposition, les organisations syndicales et les Français n’y voient pas ici une provocation ?
Bien éclairé est celui qui trouvera une forme de cohérence de fond dans toute cette séquence. Là où la situation exige de la continuité, du sérieux et un engagement collectif, nous semblons nous entêter à foncer vers le précipice. Avec un soupçon d’ironie, ou d’humour noir selon son point de vue, nous pourrions penser que notre génie créatif est décidément des plus étonnants. Car, au moment où le chantier de révision du périmètre du dispositif est sur la table, nos décideurs publics s’obstinent à vouloir rajouter l’instabilité politique chronique, à la liste des affections de longue durée. « Sacré français » comme dit la chanson…
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