dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Pour ce dernier numéro d’ESE avant la pause estivale, nous consacrons notre événement à la récente présentation du rapport Charges et Produits.

Un document faisant traditionnellement office de boussole pour les actions qu’entend mener la CNAM à court terme. Pour le coup, les choses changent. La menace des 40 Mds € de déficit de la branche en 2030 oblige l’État en premier lieu, puis le DG de l’Assurance Maladie, accompagné de son Conseil, fait plutôt rare pour être signalé, à agir. Autrement et plus fermement.
À la lecture des quelque 60 propositions avancées par la caisse nationale, on ne peut s’empêcher de penser que beaucoup coulent de source. Pis, on s’étonne que celles-ci ne soient pas appliquées depuis belle lurette. Après tout, cela fait une décennie que l’on parle de pertinence des soins et de responsabilisation des acteurs. Qu’en 2025, on soit une énième fois obligé de « remettre le couvert » sur ces sujets interroge sur notre capacité collective à piloter notre système sanitaire et sa régulation financière.
Alors, prenons le recul nécessaire sur ce qui relève du mythe d’une cogestion du système avec les professionnels de santé, et plus particulièrement avec les médecins libéraux. À titre de comparaison, notre système conventionnel est loin d’atteindre l’efficacité de notre partenaire allemand ! Nombre de situations négatives dans l’Hexagone n’existent pas outre-Rhin pour la bonne raison que son corps médical assume, encore et plutôt correctement, ses responsabilités envers la population et le pays. Des atouts dont nous manquons. Si le statu quo continue de prévaloir alors nous serons collectivement fautifs. Le risque d’un fiasco national est bien réel alors que nous saluons les 80 ans de notre chère Sécurité sociale.

La problématique reste donc entière : voulons-nous maîtriser notre système de santé et préserver une grande Assurance Maladie au service de tous ? La question fut d’ailleurs posée à l’aune des réformes Juppé dans le cadre du rapport Soubie. 30 ans déjà… cela interroge. Or depuis, les progrès dans les techniques, les connaissances, la qualité de service, les soins (il faut le reconnaître même si, tout n’est pas optimal) n’ont, néanmoins, pas éteint cette interrogation. Le consensus est qu’il est urgent d’agir. Certes, mais le voulons-nous vraiment ?

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