Si l’actualité sociale française est braquée sur les retraites et les économies de dépenses publiques, cette quinzaine notre regard oblique vers un autre sujet aux conséquences considérables pour notre société et forcément le devenir du système social : ce que les experts familiaux appellent l’hiver démographique.
Les données 2024 pour l’Europe confirment une tendance négative irréversible. La chute de la fécondité devient colossale ! Un chiffre parmi cent illustre cette mutation déjà datée. Selon des projections solides, la seule UE pourrait perdre quelque 2 millions d’habitants en 2025 ! L’équivalent de Paris. Rien qu’en une année…
Pour beaucoup, il s’agit d’une affaire diffuse. Partout le renouvellement des générations ne s’opère plus avec un taux naturel de fécondité de 1,4 au mieux.
Il ne s’agit plus d’un « moment » difficile dans l’histoire des populations, mais bien, d’un tournant dont on ne prend pas conscience suffisamment et dont on ne mesure pas les conséquences multiples.
Le cas italien, abordé récemment par notre confrère Le Figaro, étonne par sa puissance déstabilisatrice. En dépit d’annonces d’aides, de qualité médiocre, il est vrai, ce qui se passe au-delà des Alpes préfigure un tsunami européen et bien au-delà. En cause certainement les carences de politiques publiques familiales prises au sens large du terme. Incluant le logement, l’emploi précaire et instable, les bas salaires, la montée virulente de la monoparentalité, subie et voulue, avec son cortège de fragilités, une incapacité à concilier vie familiale et travail, l’égalité concrète entre hommes et femmes dans les tâches et responsabilités de la vie. Rien de cela n’est nouveau.
Une révolution culturelle prend cours. Le désir de maternité, plus encore le l’envie d’être femme et mère dans le parcours d’une vie, chute.
La maternité est sans cesse reportée. L’insécurité économique des jeunes côtoie le sentiment que l’épanouissement de la femme, du couple, ne passe plus naturellement par la case « enfants ». La fécondité devient un choix parmi d’autres à condition qu’elle n’entrave pas la liberté des femmes. On évoque même le concept de child penalty , l’enfant pénalisant… la religion catholique n’impacte plus en Italie comme ailleurs. L’impératif biologique ou l’obligation morale ne pèsent guère dans les choix.


