dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Alors que les acteurs mutualistes vont se retrouver à Agen du 18 au 20 juin prochains pour un congrès très attendu, ESE consacre un nouveau dossier sur l’état du marché des Ocam.

Les résultats 2024, de premier abord très positifs, semblent en réalité être en trompe l’œil face à un secteur qui peine à faire de la complémentaire santé, une activité économiquement équilibrée. Certes, la problématique des frais de gestion demeure. Toutefois le cercle vicieux impulsé par la tangente inflationniste du couple prestation/cotisation, ainsi qu’une certaine volonté étatiste de réguler toujours plus le marché, continuent d’interroger.

Disons-le, les dernières évolutions réglementaires n’ont guère amélioré les choses à l’image du 100 % santé. Si publiquement, cette réforme est défendue par les différentes parties prenantes, une fois les micros éteints le constat se veut plus nuancé : hausse non maîtrisée des dépenses, émergence de nouvelles fraudes et atteinte partielle des objectifs fixés. En tout cas, des voix demandant sa révision commencent à se faire entendre. Comme sur les contrats responsables d’ailleurs…. À trop réguler, aurait-on créé une bulle inflationniste ? Poser la question est déjà y répondre à moitié. L’État ne peut s’exonérer de toute responsabilité dans cette histoire. Après tout, il y a dix ans de cela, il impulsait la généralisation de la complémentaire santé. Sauf, qu’à ne pas donner de cap, on a fini par perdre la finalité socio/sanitaire de la démarche. Si tant est qu’il y en eût une. Quelle est la vision stratégique des décideurs publics depuis ? On a beau chercher c’est encéphalogramme plat.

Et pourtant, comme le disait le candidat Fillon en 2016 en présentant son projet d’évolution de la Sécurité sociale : « on les a mis là, autant travailler avec eux ». Autant dire que continuer de les confiner au strict rôle de payeur du ticket modérateur ne fait guère sens. Sur ce point, on saluera l’annonce faite par la FNMF, par la voix de son président Éric Chenut, indiquant que l’Assurance Maladie serait désormais encline à travailler avec les Ocam autour des enjeux de prévention. Il serait temps, on en a envie de dire ! vaccinations, dépistages… tous les indicateurs ne progressent plus depuis deux ans. Pire, ils reculent. Alors, pourquoi ne pas mobiliser et responsabiliser les Ocam sur cet enjeu ? Qui plus est lorsqu’ils sont demandeurs.


Illustration : Vectorstock
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