dans FAMILLE - ACTION SOCIALE - RETRAITES

La Drees vient de mettre à jour ses données sur la pauvreté avant et après redistribution.

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Quelque 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec un niveau de vie inférieur à 1 288 € par mois, en 2023. Les prestations de solidarité représentent au total 36 % du revenu disponible des ménages pauvres, dont 14 % de minima sociaux, 10 % de prestations familiales, 9 % d’aides au logement et 3 % de prime d’activité.

Ajoutées à la fiscalité directe (essentiellement l’impôt sur le revenu, la CSG et la CRDS), les prestations de solidarité réduisent le taux de pauvreté de 6,3 points en 2023. Ainsi, 15,4 % de la population est pauvre, une part qui grimperait à 21,7 % (soit 13,8 millions de personnes) si ces prestations et les impôts directs n’existaient pas. «Cela représente une baisse de près d’un tiers du nombre de personnes pauvres», observe la Drees.

L’effet de la redistribution apparaît particulièrement marqué pour les familles monoparentales (-21 points pour celles avec au moins 2 enfants) et nombreuses (-11 points pour les couples avec 3 enfants), pour les enfants et les jeunes de moins de 20 ans (-11 points), pour les personnes handicapées (-12 points), pour les chômeurs (-10 points) ainsi que pour les adultes inactifs non retraités (-13 points). Toutefois, l’impact doit être nuancé, «ces groupes ayant avant redistribution des taux de pauvreté très nettement supérieurs à la moyenne, ils ont tous, après redistribution, un taux de pauvreté supérieur à celui de l’ensemble de la population», précise le service statistique. Ainsi, 19 % des couples avec 3 enfants, 22 % des moins de 20 ans et 26 % des personnes handicapées restent pauvres après redistribution. La situation est encore plus dégradée pour les familles monoparentales ayant au moins 2 enfants (41 % de personnes pauvres), les chômeurs (36 %) et les adultes inactifs non retraités (37 %). A l’inverse, les retraités et les personnes en emploi salarié sont moins concernés que la moyenne par la pauvreté avant redistribution et le demeurent nettement moins après redistribution, avec des taux de pauvreté de 11 % et 7 % en 2023.

Jointes à la fiscalité directe, les prestations de solidarité permettent de «réduire fortement» les inégalités de niveau de vie entre les plus riches et les plus pauvres. Ainsi, les 20 % les plus aisés ont un niveau de vie en moyenne 4,5 fois plus élevé que les 20 % les plus modestes, mais ce rapport serait de 8,3 sans les transferts sociaux et fiscaux. De même, le rapport entre le 9e décile de niveau de vie (les 10% les plus riches) et le 1er (soit les 10% les plus pauvres) s’élève à 3,5, mais serait de 5,9 sans la redistribution.


Illustration : ­Freepik
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Nicolas grivel