Le sommet qui s’est tenu la semaine dernière à Paris autour de l’IA aura permis de faire un point sur les dernières innovations en cours de déploiement tout en jaugeant les équilibres entre les différentes puissances internationales sur cette technologie de rupture. Aussi surprenant que cela puisse paraître, voici une bataille que nous n’avons pas encore perdu. Pour une fois…
Globalement, nous ne péchons pas sur les aspects techniques. Le « savoir-faire » français n’est pas un mythe relevant d’une forme d’autosatisfaction nationale. Ce qui a été d’ailleurs fait depuis près d’une décennie en matière de collecte des données de santé en est une parfaite illustration. Non seulement nous arrivons à récupérer des datas de toute la sphère sanitaire mais désormais nous en captons dans le médico-social. Quasi inédit à l’échelon mondial. Mieux, même la qualité de celles-ci est reconnue par tous les experts internationaux qui, au passage, nous envient même à demi-mot. Le hic est ailleurs : dans notre conception des choses, collecter ne rime ni avec exploiter et ni avec partager. Là est notre péché. Et ce, bien que toutes les doctrines du numérique érigées par nos gouvernants prônent une logique de plus grande ouverture en faveur des acteurs de l’écosystème sanitaire. L’écrire est une chose, le faire est décidément une autre.
Bonne nouvelle sur le champ de l’IA, face à une féroce concurrence mondiale, la France, voire même l’Europe, a son champion : Mistral AI. Cela mérite d’autant plus un « cocorico » que celui-ci, selon les dires des observateurs avertis, n’a pas grand-chose à envier aux références actuelles que sont ChatGPT et Deepseek. Désormais la balle est dans le camp des acteurs, qu’ils soient privés ou publics. L’implémentation massive de l’IA s’annonce irrémédiable. Et bien qu’elle puisse suscite de légitimes craintes, le fantastique potentiel d’efficience que cette technologie renferme est appelé à bouleverser la conception de toutes les pratiques de la sphère de notre protection sociale. Gageons qu’au moment où les opérateurs devront choisir sur quel dispositif s’appuyer, ceux-ci sauront se montrer plus chauvins qu’ils en ont coutume. Nos concurrents eux le sont déjà depuis fort longtemps. Un enjeu majeur de souveraineté avancent-ils pour justifier cela. Où serait le mal de les imiter pour le coup ?


