Décidément, les PLFSS se révèlent être des sempiternels casse-têtes. Le cru 2025 ne déroge pas à ce qui devient une mauvaise règle. Et c’est peu dire que le gouvernement a « ramé » de toutes parts pour obtenir la neutralité des députés PS. À l’examen minutieux, trouver des mesures concrètes et documentées d’économies, ou plutôt de moindres dépenses s’apparente à un labyrinthe. Une inadéquation évidente avec la promesse faite par ce nouveau gouvernement de vouloir faire des prochains mois des marqueurs d’engagement et de sérieux. Pour paraphraser Alain Minc, nous avons accouché d’un texte « médiocre et raisonnable ». La tournure peut faire sourire mais au bout du bout, personne n’y trouvera son compte.
Nous payons une fois encore le déséquilibre issu de la nouvelle configuration politique au Parlement. Mais, pas que. Les dérapages des comptes sociaux sont une vieille histoire française qui tourne, les années passant, à la tradition. Aucune remise en question de l’existant n’est en vue. Aucun travail en profondeur sur la dynamique discutable des risques sociaux. Même la très (trop) prudente Assurance Maladie osait se montrer plus « bousculante » en préparation de ce PLFSS en proposant d’arrêter de rembourser les prescriptions faites par des médecins non conventionnés. Au-delà des quelques économies générées, cette mesure pouvait avoir le mérite d’envoyer un message face à la montée de la financiarisation du secteur tout en incitant les soignants à s’inscrire dans une démarche conventionnelle à coût maîtrisé pour le patient. Entendable à l’heure où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation centrale. Résultat : à la trappe ! Trop osé dira-t-on pudiquement.
Que doivent penser nos voisins européens à commencer par nos amis espagnols et portugais qui, après avoir fourni des efforts collectifs de redressement considérable de leurs comptes publics dans la dernière décennie, nous voient renâcler à tous les niveaux bien que le défi auquel nous faisons désormais face est tout aussi colossal que fut le leur ? pensent-ils vraiment qu’une fois encore au pied mur, un sursaut français aura-t-il lieu ? Si c’est le cas, on aimerait les croire.


