dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Des ministres éplorés, un plan blanc national activé, des services d’urgence débordés comme d’habitude, un accès obstrué aux soins de médecine générale, des pharmaciens désabusés, des infirmières épuisées, comme les autres acteurs de soins, des politiques et des acteurs sociaux absents, enfin des médias se concentrant uniquement sur les conséquences en omettant les causes, le tableau français de l’épidémie de grippe saisonnière est navrant.

Les constats parlent d’eux-mêmes. Un niveau de ventes de vaccins en constant recul, même en deçà des mauvaises années, qui fait de notre taux de vaccination projeté un des plus bas des pays de l’OCDE. Que dire de l’absence criante de réelles campagnes de sensibilisation si ce n’est qu’elle n’est que le reflet des manquements cumulés du corps médical, de l’Assurance Maladie, des agences publiques et de l’État. Le peu qui est fait n’est pas à la hauteur de l’enjeu. L’histoire nationale, la mauvaise en l’occurrence, se répète.

Et pourtant, comme nombre d’observateurs, nous crûmes en un effet Covid 19 stimulant sur les comportements de santé publique. Erreur « docteur », nous sommes en France. Le pays où on fait rarement les choses à l’endroit. Exceptionnalité culturelle et sociale, oblige…

Il paraît que nos compatriotes sont fatigués des contraintes décidées par les pouvoirs publics lors de la grande crise sanitaire. Une méthode qui a pourtant sauvé bien des vies. Existerait-il donc une particularité nationale en matière de prévalence face au risque grippal ? L’analyse épidémiologique de l’état de santé de nos compatriotes ferait-elle apparaître des particularismes expliquant un écart comportemental de prévention comparé à nos partenaires européens ? Comment justifier alors cette rebuffade devant l’exigence personnelle de se prémunir avec un vaccin. Quand bien même, son efficacité n’étant pas garantie à 100 %.

Disons les choses, la santé publique et son moteur qu’est la prévention relève dans les faits plutôt de l’incantation verbale et non d’une citoyenneté sanitaire bien comprise. Même les ratios de vaccination sur les populations à fort risque, personnes âgées et patients atteints de pathologies chroniques, sont mauvais. Bref, un quasi-zéro pointé général.


Illustration : Vectorstock
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