dans PRÉVOYANCE

La commission des Affaires sociales organisait hier matin une table ronde réunissant les trois fédérations d’Ocam (Mutualité Française, CTIP et France Assureurs), dans le cadre de sa mission d’information sur les politiques de prévention en santé.Les intervenants ont notamment pointé la nécessité d’une démarche de co-construction et plaidé pour une meilleure articulation entre AMO et AMC.

Eric Chenut, président de la Mutualité Française a évoqué plus de 25 000 actions de prévention conduites chaque année par les mutuelles à l’échelle nationale «comme en proximité». Selon lui, il faut «faire de la prévention un investissement collectif» et «réorienter notre système trop curatif pour qu’il soit davantage préventif». «L’enjeu pourrait être par ailleurs de ne pas se focaliser uniquement dans les critères d’évaluation sur la mortalité évitable et la morbidité précoce, mais aussi sur l’espérance de vie en bonne santé, qui est dans notre pays insuffisamment bonne si on se compare à la moyenne des pays de l’OCDE», a-t-il ajouté. Le «patron» de la fédération a ainsi insisté sur l’importance «de renforcer, la coopération, la complémentarité, la co-construction et la subsidiarité», pour «créer un cercle de confiance entre la puissance publique, l’Etat et les collectivités territoriales, l’Assurance Maladie, les complémentaires santé». Et d’ajouter : «l’Etat est dans son rôle en fixant les priorités (…), mais il est important de laisser les opérateurs déclinés en fonction de la réalité de leur PF et des enjeux populationnels les politiques».

Alors que les deux enjeux principaux en matière de prévention concernent la perte d’autonomie et la hausse des ALD, le président de la Mutualité Française a évoqué plusieurs leviers, notamment la gouvernance, qui doit être repensée, la mise en place d’une vision pluriannuelle ou encore d’une base légale pour l’utilisation des données dont les complémentaires disposent dans le cadre des remboursements. Il a également appelé à revoir la fiscalité s’appliquant aux actions de prévention. «Nous sommes vraiment une force de proposition et d’innovation parce que nous sommes au plus près du terrain et peut-être des besoins. La première chose que le Parlement doit faire c’est reconnaître le rôle des OCAM, quelles que soient nos familles comme acteurs de la prévention», a souligné Alain Gautron, vice-président du CTIP. Il a rejoint Eric Chenut sur une indispensable complémentarité entre AMO et AMC, et de préciser : «ce qu’on demande c’est une meilleure coordination chacun, avec ses atouts». «Pour 2025 nous allons mener pour la première fois une campagne commune avec la CNAM en matière d’hygiène bucco-dentaire (…) nous prendrons aussi en charge le ticket modérateurs des soins conservateurs nécessaires. C’est donc une forme d’incitation à l’action de prévention bucco-dentaire. Et celle-ci est organisée conjointement par l’AMO et l’AMC, donc c’est possible», a ajouté le vice-président.

Il a également appelé à considérer les actions de prévention comme des prestations : «aujourd’hui, ce que nous investissons en matière de prévention est considéré comme des frais de gestion, ce qui ne semble pas normal quand on a l’ambition de faire de la prévention un objectif national n°1». «Pour gérer les risques il faut les étudier, les projeter, pour essayer de les prévenir», a de son côté souligné Florence Lustman. La présidente de France Assureurs appelle également à «mettre tout le monde autour de la table, la société civile, les patients, les professionnels de santé, et tous les acteurs qui ont des leviers, dont les complémentaires santé».

En termes de méthode, «il faut avoir le courage de fixer des objectifs, donc de faire un choix et d’assumer collectivement (…) et mettre des indicateurs à la clé. Il faut être transparent sur la façon dont ces indicateurs évoluent dans le temps. Le partager dans le même cénacle et voir ce qui marche ou pas et ce qu’il faut réorienter», ajoute-t-elle. La représentante des assureurs a également plaidé pour une refonte du contrat responsable pour «lui redonner des marges de manœuvre et sans doute inclure un forfait minimal de prévention ce qui veut dire enlever d’autres garanties sauf à augmenter encore son tarif».


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé
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