dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Alors que l’on pouvait penser que la séquence PLF/PLFSS pouvait constituer l’unique sursaut d’une assemblée nationale dite « ingérable », force est de constater que certains de nos députés ne l’entendent pas de cette oreille. C’est ainsi que se faisant l’écho d’une forme de ras-le-bol de terrain devant une forme d’inertie générale face aux lacunes de l’organisation de notre système de soins, une bonne partie d’entre eux a poussé de façon en faveur de la PPL du député socialiste Guillaume Garot visant à mettre un coup de pied dans la fourmilière. Malgré tout, ce qui est en sorti de la commission des Affaires sociales prouve que les demi-mesures ont encore de beaux jours ! Sans compter l’intention carrément farfelue de doter les 100 départements du pays d’un CHU statutaire…

Or, le statu quo devient de plus en plus difficilement audible pour les usagers dans une majorité de nos territoires. Et ce n’est pas la dernière copie de la convention médicale qui devrait endiguer le phénomène. Son volet « accès territorial aux soins » a certes été simplifié, et il le fallait, mais ambitionne-t-il réellement de renverser la table ? Rien n’en est moins sûr d’autant plus que toute notion de contrainte en a été bannie. Et comme les mécanismes d’incitation ne fonctionnent plus depuis longtemps… Plus largement se pose la question du pilotage de ce dossier. Dans la version originelle de cette PPL, les députés confiaient les clefs du camion aux ARS. L’Assurance Maladie est quasiment absente du texte alors qu’elle est supposée être l’institution garante de l’accès aux soins dans le cadre du contrat passé avec les médecins. Oubli ou désaveu ? En tout cas, son nom n’est guère ressorti également dans la centaine d’amendements déposés.

La fenêtre 2025-2030, annoncée comme difficile en matière de démographie médicale exige que le Parlement, si attentif à l’état de nos comptes sociaux, ne saurait demeurer inerte ou se satisfaire de faux-semblants sur cette question d’accès qui prend désormais une importance capitale. Éluder le débat comme on se plaît à le faire à coups de contorsions politiques n’est plus tenable. 2027 sera-t-il un rendez-vous utile pour le droit aux soins de tous sur tout le territoire national ? À voir.


Illustration : Freepik.

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