Dans une récente publication, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) se penche sur les effets des horaires de travail atypiques (longs, décalés ou durant le week-end) sur la santé, la vie sociale et familiale.
Selon l’Anses, entre 55 % et 75 % des travailleurs sont concernés par au moins une forme d’horaire atypique. Pour le travail en horaires longs, les nombreuses études disponibles pointent des effets néfastes sur la survenue de maladies cardiovasculaires (maladies coronariennes et AVC). En cause, l’accentuation des états de stress chronique. Le manque, et certains troubles, de sommeil accentuent également les risques de maladies cardiovasculaires. Les résultats de différents travaux montrent aussi une association entre le travail en horaires longs et les symptômes d’anxiété, ces derniers augmentant avec le nombre d’heures de travail.
Par ailleurs, un court sommeil lié au travail avec des horaires étendus serait un facteur de stress et de dépression. Les «impacts délétères» sur la santé reproductive et métabolique sont aussi soulignés. Une augmentation du risque de dépression apparaît notamment pour les semaines de plus de 55 heures. Les résultats suggèrent également un effet néfaste sur la sinistralité des accidents du travail.
Contrairement aux horaires longs, peu d’études se sont penchées sur les effets des horaires décalés (sans travail de nuit). Les travaux réalisés «suggèrent» une dégradation de la vie socio-familiale, de la santé mentale, de la santé cardiovasculaire et de la durée et de la qualité du sommeil. Les troubles de sommeil liés à l’horaire de travail sont très présents chez les travailleurs du matin et de fin d’après-midi – soirée. Pour le travail le week-end (qui a également fait l’objet de peu de travaux de recherche), des effets néfastes sont observés sur l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale. Les études anlysées «suggèrent» également l’existence d’autres conséquences, sur la santé mentale (dépression et anxiété, dégradation de la santé mentale globale) et physique (insomnie, troubles cardio-métaboliques, douleurs et fatigue, troubles musculosquelettiques et accidents du travail).
L’Anses appelle à limiter le recours régulier aux horaires atypiques, ou à «mieux préparer leur mise en place et les encadrer» lorsqu’ils ne peuvent pas l’être. Elle plaide ainsi pour une «approche intégrative» appuyée sur divers facteurs individuels, sociétaux et environnementaux. L’agence souligne également l’importance de prendre en compte les polyexpostitions des travailleurs «tout au long de leur carrière», ce qui implique notamment des études préalables avec les différentes parties concernées, en particulier les partenaires sociaux.


