dans POLITIQUE DE SANTÉ

Les Hôpitaux de proximité ont fait l’objet d’une réforme en profondeur en 2019. Ce dispositif, qui repose sur un label attribué par les ARS, vise à améliorer l’accès aux soins dans les territoires. Dans une étude publiée hier la Drees passe au crible les spécificités de ces établissements.

­

En 2024, la France compte 3081 établissements labellisés Hôpitaux de proximité (HPR), sur 2 962 établissements hospitaliers avec des lits ou des places. Majoritairement publics (85%), ils représentent 20% de l’ensemble des établissements hospitaliers publics. Ces structures assurent le premier niveau de la gradation des soins hospitaliers et orientent, si nécessaire, les patients vers les établissements de santé de recours et de référence ou vers d’autres structures adaptées à leurs besoins. «Leur labellisation nécessite une activité de médecine, mais leurs capacités d’accueil sont davantage orientées vers le moyen ou le long séjour, et ils comportent presque systématiquement un EHPAD. Ceci traduit un positionnement spécifique au sein de l’offre hospitalière, avec des patients en médecine souvent plus âgés que dans les autres établissements publics», souligne la Drees.

Sur les 242 500 courts séjours réalisés dans les HPR publics en 2024, l’âge moyen des patients atteint ainsi 70 ans, contre 50 ans pour l’ensemble des autres établissements publics, et l’âge médian 75 ans, contre 55 ans. Les femmes sont majoritaires (52 %). Les 92 300 moyens séjours dans les HPR publics concernent également des patients plus âgés en moyenne (74 ans vs 67 ans dans les autres établissements publics). L’hospitalisation partielle représente 29 % des séjours pour les HPR (contre 39 % pour les établissements publics non-HPR). La durée moyenne des séjours de médecine en hospitalisation complète est de 10 jours, et leur durée médiane de 7 jours (contre 6 jours en moyenne et 3 jours en médiane dans les établissements publics non HPR avec une activité de médecine).

Les HPR accueillent davantage de praticiens en activité libérale, soit 14 %, contre 2 % dans les hôpitaux publics non HPR et 72% dans les hôpitaux non HPR lucratifs ou non lucratifs (72 %). Les postes de praticiens salariés correspondent plus souvent à un temps partiel (respectivement 55 %, contre 33 % et 46 %), «ce qui peut traduire un exercice médical plus souvent mixte, avec une activité à la fois salariée et libérale, reflétant la spécificité du lien ville-hôpital dans ces établissements», observe la Drees.

Ces hôpitaux apparaissent majoritairement «mono-site» et plus souvent implantés dans les zones rurales. Le service statistique des ministères sociaux pointe par ailleurs la «réelle place de proximité» des HPR dans certains territoires isolés, compte tenu de l’éloignement important avec l’établissement de santé le plus proche. Par exemple, en Haute-Corse, la distance moyenne entre chacun des deux HPR et l’établissement avec activité de médecine le plus proche s’élève à environ 80 km.


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé
Articles recommandés

Tapez votre recherche et pressez ENTREE pour la valider