Santé publique France présentait hier les résultats de la dernière édition de son baromètre (actualisé tous les deux ans). Avec 35 000 personnes interrogées, cette vaste enquête recueille des données sur 20 grands enjeux de santé publique, notamment la consommation de tabac et d’alcool, la pratique d’activité physique, le sommeil, l’adhésion à la vaccination, la santé mentale, etc.
«Ce baromètre est un outil indispensable, qui guide nos politiques. C’est un peu comme un thermomètre qui mesure depuis 30 ans l’état de santé de la population française», a souligné Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France lors de la présentation des résultats. L’observation et l’analyse des comportements permettent ainsi aux autorités sanitaires d’orienter les actions d’information et de prévention de la population autour de thématiques ciblées.
«Les résultats de ce baromètre révèlent des inégalités sociales de santé profondes et tenaces, qui se manifestent à travers tous les indicateurs clés. Le constat est sans appel, les personnes les moins diplômées et celles en situation financière difficile cumulent les facteurs de risques», analyse Yann Le Strat directeur scientifique de Santé publique France. En moyenne, 68% des adultes se déclarent en bonne ou très bonne santé, mais cette proportion tombe à la moitié chez ceux se trouvant dans une situation financière difficile. De même, si un quart de la population se déclare limité dans les activités habituelles depuis au moins 6 mois pour un problème de santé, cette part grimpe à 40 % chez les personnes précaires. Les femmes indiquent également être en moins bonne santé (65,8 % contre 70,3 % chez les hommes).
En termes de santé mentale, 16 % des adultes ont vécu un épisode dépressif caractérisé, 6 % ont été concernés par un trouble anxieux généralisé et un adulte sur 20 a eu des pensées suicidaires. Certaines catégories de populations apparaissent, là encore, particulièrement exposées comme les femmes (tout particulièrement les plus jeunes), les jeunes adultes, les étudiants, les personnes au chômage ou inactives, celles déclarant une situation financière difficile ou isolées socialement.
Les inégalités sociales en matière de tabagisme restent également très marquées. Au global, 24 % des adultes déclarent fumer dont 17 % quotidiennement, une proportion en baisse. Parmi ces derniers, les cadres et professions intellectuelles supérieures sont deux fois moins nombreux (11,8%) que les ouvriers (25,1%). A noter que la moitié des personnes consommant du tabac chaque jour ont envie d’arrêter et 17 % ont déjà fait une tentative dans l’année (en particulier les plus diplômés et les cadres ainsi que les professions intellectuelles supérieures). La pratique régulière d’activité physique, augmente également avec le niveau de diplôme (allant de 33,3 % à 49,7 %). Elle apparaît deux fois plus fréquente parmi les plus aisés (55,4 %) que parmi les moins favorisés (26,2 %).
Le poids des inégalités se retrouvent aussi dans certaines pathologies. Alors que 7% des adultes sont atteints d’un diabète, la prévalence s’élève à 11,5% chez les moins diplômés. De même pour l’hypertension artérielle, qui concerne 22% de la population au global mais 30% des personnes les moins diplômées.
Les plus favorisés sont toutefois plus exposés à certains comportements néfastes pour la santé. Plus le niveau de diplôme s’accroit et plus la situation financière est perçue comme favorable, plus la part d’adultes dépassant les repères de consommation d’alcool à moindre risque est importante (19,3 % pour les moins diplômés à 26 % pour les plus diplômés). La sédentarité (c’est-à-dire passer plus de 7 heures en moyenne par jour assis) apparaît aussi trois fois plus fréquente pour les plus diplômés (42,7 % vs 15% pour ceux l’étant le moins).


