Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a atteint un niveau historique en 2023, frôlant les 10 millions de personnes, selon les dernières données publiées par l’Insee.
Le taux de pauvreté s’est fortement accru en 2023, atteignant 15,4 %, un niveau record depuis 1996 (première année de la série de l’Insee). En tout, quelque 9,8 millions de personnes occupant un logement ordinaire vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire en 2023, soit 650 000 de plus par rapport à 2022 (le taux de pauvreté s’élevait alors à 14,4%). Ce seuil, fixé à 60 % du niveau de vie médian, s’établit à 1 288 € pour une personne seule et à 1 932 € pour un couple, auxquels il faut ajouter 386 € pour chaque enfant de moins de 14 ans et 644 € pour les plus âgés.
Cette hausse importante du taux de pauvreté touche plus particulièrement les familles monoparentales (34,3 %, soit +2,9 points), les enfants (21,9%), ainsi que les chômeurs (21,9%) et les travailleurs indépendants (19,2 %). En cause notamment «la non-reconduction des mesures exceptionnelles mises en place en 2022 pour protéger le pouvoir d’achat des ménages», souligne l’Insee. De plus, les revenus des plus modestes se sont contractés. En revanche, les retraités apparaissent moins affectés. Chez ces derniers, le taux de pauvreté atteint 11,1 %, soit un niveau «très inférieur» à celui de la moyenne de la population.
L’Institut national pointe également une forte hausse des inégalités. En 2023, les 20 % de la population les plus modestes perçoivent 8,5 % de la somme des niveaux de vie contre 38,5 %, soit 4,5 fois plus, pour les 20 % les plus aisés.
Et si, au global, le niveau de vie médian augmente de 0,9 % en euros constants (c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation entre 2022 et 2023), celui des ménages les moins favorisés se replie. Le niveau de vie plafond des 10 % les plus modestes, diminue ainsi de 1 %.


