Une fois de plus, la France, se caractérise par une forme d’hystérie sur les moyens de réduire les déserts médicaux. Beaucoup ignore que ce qui devient un défi national procède de loin. Il faut remonter la pendule médicale à 1971. Date de la première convention médicale.
À cette époque, beaucoup de praticiens n’étaient pas conventionnés. Les tarifs médicaux, en dépit de règles départementales, s’opéraient souvent de gré à gré. Bref, le désordre régnait. Les inégalités d’accès aux soins étaient légions. La médecine de ville était à vau l’eau, faute de pilotage politique et d’esprit de responsabilité des syndicats professionnels. Il fallut alors la fermeté de Georges Pompidou et de Jacques Chaban-Delmas pour imposer le principe d’une convention médicale nationale.
Les règles du jeu furent claires. Les médecins devaient adhérer à une convention portée par la Cnamts, agissant par délégation de l’État, et pratiquer des tarifs opposables. En contrepartie, État et Assurance maladie s’engageaient à prendre en charge le coût de la protection sociale des médecins conventionnés et surtout à ne pas créer une « médecine de caisse » concurrente des libéraux. En quelque sorte, le pays a délégué à son corps médical une double mission : celle de soigner bien sûr, mais aussi, de garantir partout une offre de soins fut-elle libérale. Voilà grosso modo les termes du pacte de 1971. Ce pacte perdure 50 ans après. Entre temps, en 1980, il y eut la création du secteur à honoraire libres dont les dégâts sont colossaux.
Depuis près de 10 ans, le paysage dérape structurellement. L’aspiration des jeunes générations à exercer la médecine générale chute. Le métier s’est appauvri. La démographie est un « bateau ivre ». Les errances politiques et sanitaires déconsidérant la médecine générale, à l’inverse des spécialités croissantes et rémunératrices, aboutissent à une qiindigne au pays de Pasteur et de Curie. Aujourd’hui, la situation devient incontrôlée. On « supplie » les généralistes pour qu’ils passent quelques heures, de temps à autre, dans un désert médical. Pis encore, on quête le secours des élus locaux pour créer des solutions de terrain alors que ce n’est ni leur responsabilité ni leur métier.
Que les médecins ne se méprennent pas ! Le pacte médical politique national de confiance envers la profession est durablement affaibli. Quand bien même les responsabilités sont largement partagées.


