A l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, qui se tenait le 28 mai dernier, la MNT a organisé deux tables rondes afin de sensibiliser à ce sujet encore tabou, en particulier dans la sphère professionnelle. Les échanges ont notamment porté sur les solutions concrètes dans les collectivités locale.
En juillet dernier, la MNT publiait un cahier consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes. Laura Ibanez, administratrice de la mutuelle, a souligné des «constats accablants sur la façon dont la Fonction publique a évolué sans prendre en compte le corps des femmes». «La MNT a un rôle prépondérant par les études, mais aussi pour accompagner les élus», a-t-elle ajouté évoquant les enjeux en termes d’attractivité pour les collectivités. Celles-ci sont notamment soutenues dans la mise en œuvre d’actions de prévention. Pour lever les tabous, la mutuelle a lancé pour la première fois une campagne de communication autour de la vidéo «Lettre à mes règles», reprenant le texte écrit par une agente territorial à partir de son propre vécu. Par ailleurs,10 % des investissements publicitaires seront reversés à l’association Règles élémentaires, qui agit pour lutter contre la précarité menstruelle.
Si certaines collectivités font figure de pionnières elles se heurtent à un «flou juridique». «La ville de Strasbourg et l’Eurométropole sont fortement engagées en matière d’égalité professionnelle, au-delà les élus ont souhaité s’investir en faveur de la santé féminine (…) Malgré l’absence de cadre réglementaire, ils ont néanmoins pris une délibération pour instaurer un dispositif qui ne s’arrête pas à un congé menstruel, mais qui est plus large. Le but est d’accompagner les femmes au travail dans la prise en compte de leurs pathologies, de leurs symptômes», a observé Lara Ferry, cheffe de projet en charge de l’égalité professionnelle et de la qualité de vie au travail à la ville et Eurométropole. Lancé il y a 8 mois, le dispositif en est encore à ses premiers pas. La collectivité essaie d’«améliorer concrètement les conditions de travail», par exemple en s’assurant que toutes les agentes ont accès à des sanitaires (notamment celles intervenant sur le terrain) ou en fournissant des fauteuils de repos ou bouillottes. Des jours supplémentaires de télétravail peuvent être ouverts et, pour celles ne pouvant pas travailler à distance, des aménagements d’horaires sont également proposés. Le dispositif intègre la mise en œuvre d’un congé gynécologique, après consultation d’un gynécologue ou d’une sage-femme en lien avec la médecine du travail. En outre, l’accent a été mis sur une formation des managers sur la santé féminine, avec 500 encadrants concernés.
Côté MNT, des dispositifs visent également à accompagner les adhérentes, comme le service d’accompagnement Vivoptim dont les parcours permettent de s’adapter à ces problématiques. Le dispositif de téléconsultation Maiia permet également d’être mise en relation avec des gynécologues et des sages-femmes. La mutuelle a par ailleurs distribué 25 000 culottes menstruelles en 2024 et réitérera cette campagne cette année. La mutuelle agit aussi auprès des adhérentes concernées par l’endométriose, dans le cadre de son partenariat avec la start-up Lyv. «Depuis janvier 2025 nos médecins conseils sont en capacité de proposer un accompagnement de 6 mois aux femmes en arrêt de travail», a expliqué Coline Jean, directrice de la gestion et directrice expertise, assurance et services de la MNT.
«Notre cible est d’accéder à un remboursement par l’Assurance Maladie pour être pleinement intégré dans le parcours de soins et accessibles à toutes. Nous travaillons avec des mutuelles, notamment la MNT pour une prise en charge anticipée de notre solution et la proposer aux adhérentes», a précisé Chloé Bonnet, co-fondatrice de Lyv.


