Les résultats de la consultation en ligne lancée en novembre dernier dans le cadre de la première phase des Etats généraux de la santé et de la protection sociale, étaient présentés hier lors d’une conférence de presse.
«Nous sommes partis du constat qu’il est indispensable, et même existentiel, aujourd’hui d’engager une réflexion pour qu’on sorte enfin de cette spirale de l’urgence et pour penser la pluriannualité et la protection sociale à 15 ans. Et notre conviction (…) est que cette vision constructive de la santé et de la protection sociale il est de notre responsabilité à nous acteurs de la société civile de la porter», a souligné Séverine Salgado, directrice générale de la Mutualité Française. Lancés en novembre dernier par sept partenaires, à l’initiative de la Mutualité Française, les Etats généraux de la protection sociale rassemblent désormais plus de 50 organisations.
En tout, 76 873 personnes ont participé à la phase de consultation, du 17 novembre 2025 au 17 février dernier. Parmi eux, 64 090 citoyens et 12 789 professionnels de santé et de l’accompagnement. Près de 2,3 millions de réponses aux questions et plus de 405 000 verbatim ont été recueillis.
Les résultats de cette consultation confirment le fort attachement au modèle de protection sociale (93% des citoyens et 90% des professionnels). Plusieurs grandes priorités sont partagées par les deux parties, à commencer par garantir un accès aux soins de qualité pour tous (50% des citoyens et 47% des professionnels) et réduire les délais d’attente (53% des citoyens et 43% des professionnels), avec en toile de fond la question de l’acceptabilité du modèle. «Quand on parle de consentement à la cotisation, de consentement au paiement, c’est sous condition que le service soit rendu de façon universelle et égalitaire sur le territoire », a souligné Christelle Thieffinne, secrétaire nationale CFE-CGC.
Parmi les autres priorités partagées : reconnaître, revaloriser et soutenir les professionnels de santé et de l’accompagnement (27% des citoyens et 47% des professionnels), confrontés à une dégradation de leurs conditions de travail. Lors de la conférence de presse, Sarah Degiovani, secrétaire générale de l’UNPS, a notamment indiqué que 60% des professionnels libéraux déclarent avoir des douleurs chroniques et 55% ressentir un épuisement professionnel. «Il y a eu un certain nombre de revalorisations, souvent jugées insatisfaisantes par les professionnels de santé. Le système de négociation conventionnelle est relativement ancien, à l’UNPS nous proposons de le réformer pour mieux s’adapter à des réalités de terrain», a-t-elle ajouté.
Citoyens et professionnels s’accordent également sur la nécessité de maîtriser les dépenses (respectivement 74 % et 63 %), notamment grâce à la lutte contre la fraude. Ils sont 70% et 60% à vouloir renforcer les pénalités en cas de fraude. Parmi les autres actions évoquées pour agir sur les coûts : l’éducation thérapeutique des patients ou une action contre la surconsommation de soins et de médicaments.
«Sur le long terme, trois priorités ressortent des questions de l’enquête», a pointé Daniel Golberg, président de l’Uniops. Elles portent sur la prévention, la santé mentale (qui, en cette seconde année de grande cause, a suscité le plus de contribution) et la perte d’autonomie. Sur ce dernier sujet, 73 % des citoyens se disent peu ou pas préparés. Toutefois, une majorité est favorable à une couverture prévoyance obligatoire sur ce champ (68 % des citoyens, 74 % des professionnels).
Avec la fin de la consultation en ligne, les Etats généraux de la santé et de la protection sociale entrent «dans leur phase de co-construction» jusqu’en juin prochain. Les différents enseignements seront approfondis dans le cadre d’ateliers territoriaux, de groupes de travail nationaux, réunissant experts et acteurs engagés, et d’une convention démocratique de 50 citoyens tirés au sort parmi ceux ayant répondu à la consultation.
Enfin, de l’été à l’automne, la dernière «phase de convergence» permettra de formuler des propositions concrètes afin d’éclairer les décideurs à l’approche des prochaines échéances électorales.


