À l’approche des élections présidentielles de 2027, le concours Lépine des promesses impossibles semble lancé, confirmant ainsi une forme de dystopie nationale. En clair, la croyance en un monde imaginaire porté par une vision idéologique néfaste. En l’occurrence, un retour du « quoiqu’il en coûte » hérité de la période Covid et dont les conséquences budgétaires ont a posteriori plombé notre économie.
Quelques exemples récents justifient cette inquiétude. Ici, on nous promet une réforme des retraites où l’âge légal de départ prendrait fin. Avec un système seulement fondé sur la durée de cotisation. Une sorte de paradis social qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Un tel mécanisme, dont la finalité est sympathique, privilégie en fait la détention du patrimoine ou l’héritage pour le pensionné. Il fortifie, au passage, les inégalités sociales et d’espérance de vie. Derrière l’empathie sociale de façade se niche un risque de réversibilité d’équité.
Ailleurs, on nous annonce des allègements massifs d’impôts et de cotisations pour relancer l’économie. Le chiffre de 35 % au profit des entreprises est même avancé. Relancer l’économie de production est certes impératif. Mais, le quantum promis signifie que 120 Mds € seront à compenser. On tombe dans la déraison. Et le pire est à venir. Tant à gauche, à droite, au centre et ailleurs !
Déjà confronté à un Himalaya de déficits et de dettes qui, peu à peu, étouffe l’économie et contraint évidemment la question sociale, le pays peut-il une énième fois s’offrir le triste spectacle de la démagogie, période électorale oblige ? La question du redressement de nos finances est un moment de vérité. Une longue période d’efforts nous attend. Un travail de fond sur nos conceptions et pratiques est incontournable. Ce temps difficile est parfaitement compatible avec le maintien d’une république solidaire. A contrario, qui peut penser sérieusement que laisser filer la situation actuelle garantit sur la durée les droits des plus défavorisés ? Il faut concrétiser dans les actes les solutions solides pour rendre notre système social, perclus de rhumatismes, plus efficient. C’est l’affaire de tous, évidemment. À commencer par ceux qui prétendent déjà conduire pour les années à venir la destinée du pays.


