Réunis hier en assemblée générale à la Maison de la Mutualité, les délégués de la Mutualité Française ont réélu Eric Chenut à la présidence de la fédération. Elle lance un appel à la mobilisation pour l’avenir de la protection sociale, donnant un «carton rouge» à la taxation de la santé et aux déremboursements de soins
Les délégués ont renouvelé leur confiance à Eric Chenut pour un deuxième mandat de 5 ans. Le président mutualiste «a fixé des orientations claires autour d’un diptyque de performance et action», indique la Mutualité Française dans un communiqué. A la veille d’échéances électorales majeures, la fédération «entend poursuivre et renforcer son engagement dans le débat public». Elle continuera ainsi «à faire entendre sa voix et à valoriser son expertise sur les grands enjeux de protection sociale, notamment en matière de santé, d’autonomie, de prévoyance, d’épargne et de retraite».
Comme évoqué la veille par Eric Chenut lors de l’assemblée générale de la MFP (voir lettre ESE d’hier), la Mutualité Française a également lancé un appel pour l’avenir de la protection sociale, en réaction à différentes annonces du gouvernement et mesures. «En quoi transférer 2 Mds € supplémentaires solutionnerait l’accès aux soins dans le pays ? Rechercher un médecin traitant aux 5 millions d’assurés sociaux qui n’en n’ont pas, faire reculer les déserts médicaux qui couvrent 87 % du territoire national : là devraient être les priorités d’action. En quoi taxer encore plus lourdement les couvertures santé, donc les ménages et les entreprises, résoudrait l’emballement des dépenses de santé ? Les fraudes, la place grandissante de groupes financiers extérieurs à la santé, des dysfonctionnements, l’insuffisance de la prévention coûtent cher au détriment de la santé et de l’intérêt général. Mobiliser les acteurs pour construire ensemble les réformes : là devrait être l’urgence», écrit la fédération.
Elus et dirigeant mutualistes en appellent «solennellement» à «la responsabilité» du gouvernement. «Des décisions comptables ne peuvent saper les principes de solidarité et d’universalité. Aucune décision touchant à de tels enjeux ne peut être prise sans débat démocratique et il n’est jamais trop tard pour changer de méthode. Assurance Maladie, mutuelles, professionnels de santé, partenaires sociaux, représentants des patients, élus territoriaux doivent être mis en situation d’apporter des réponses durables pour améliorer la santé des Français. C’est un simple préalable», écrivent-ils.
Et d’ajouter : «à notre place, nous nous mobiliserons, au niveau national et sur chaque territoire, pour que les décisions qui engagent l’avenir de la protection sociale de toutes et tous ne soient pas prises contre chacune et chacun».
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Photo : Assemblée générale de la Mutualité Française le 25 juin 2026 (Paris) – ©FNMF

