Dans une étude publiée debut juillet, la Drees analyse les évolutions des dépenses de médicaments remboursables en ville et à l’hôpital entre 2016 et 2024. Le service statistique s’interroge en particulier sur les raisons de la hausse récente observée.
Les dépenses de médicaments remboursables ont bondi de 12,1 Ms € entre 2016 et 2024, pour atteindre 41,1 Mds €, avant remises conventionnelles. Après une décennie de stabilité, l’essentiel de cet essor s’est concentré sur ces dernières années, avec une hausse de 11,4 Mds € entre 2020 et 2024. La dépense moyenne par habitant grimpe ainsi de 437 à 604 € entre 2016 et 2024.
Une fois les remises déduites, la progression des dépenses est toutefois réduite des deux tiers entre 2016 et 2024. Elle reste néanmoins importante avec une hausse nette de 4,3 Mds €, portant la dépense nette totale à 32 Mds € en 2024. Rapportée à la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), la part des médicaments recule entre 2016 et 2020 (de14,2% à 12,6% en 2020), puis se stabilise sur la période 2020-2024. «Cette progression contenue recouvre toutefois de fortes disparités selon les lieux de prescription et de dispensation», précise la Drees.
Sur toute la période, les dépenses nettes de médicaments onéreux consommés à l’hôpital se sont envolées de 1,8 Mds € (+ 61 %), et celles des médicaments prescrits dans ces établissements mais délivrés en ville de 4,1 Mds (+ 61 % également). Les prescriptions de ville ont, quant à elles, reculé de 0,9 Md (- 6 %). L’augmentation se concentre sur quelques classes, notamment liées au traitement du cancer et des maladies auto-immunes (antinéoplasiques et immunomodulateurs), dont la part dans la dépense totale progresse de 24 % à 34 %. Deux molécules (pembrolizumab et daratumumab) concentrent à elles seules près de 20 % de la dépense brute (sans prendre en compte les remises). «Ces dynamiques traduisent tant les progrès récents de la médecine, notamment en cancérologie, que le déplacement du panier vers des médicaments récents et coûteux, qui contribue fortement à la hausse des dépenses», analyse le service statistique des ministères sociaux.
Bénéficiant de taux de remboursement élevés et fréquemment prescrits dans le cadre d’ALD, les médicaments récents contribuent fortement à la hausse des remboursements par l’Assurance maladie obligatoire. Sur l’ensemble des dépenses de médicaments, la part effectivement prise en charge par cette dernière passe de 84 % à 88 % entre 2016 et 2024. La hausse concerne toutes les tranches d’âges, mais apparaît plus marquée chez les plus âgés et les patients atteints de cancer.

