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La MSA a présenté la semaine dernière, à l’occasion du Salon de l’Agriculture, le bilan de son programme de prévention du mal-être agricole (PMEA) pour l’année 2023 et pour le premier semestre 2024.

«Le bilan du Programme PMEA sur 18 mois met en avant le développement de nos capacités à détecter et à accompagner davantage d’assurés au plus près de leurs besoins», souligne la MSA. En 2023, plus de 4 400 signalements de mal-être ont été traités, et plus de 2 800 sur les six premiers mois de 2024 dans un contexte marqué par les crises climatiques, sanitaires et internationales. Les demandes via la plateforme Agri’écoute (dédiée aux agriculteurs en situation de détresse psychologique) ont augmenté de 20 %. Le recours aux échéanciers de la dette sociale s’est également accru de 20 % entre le 1er janvier et le 31 juillet 2024. Au total, près de 19 800 fermes y ont eu recours sur cette période. En outre, le taux de non-recouvrement des cotisations a atteint 11,4 %, en août dernier, soit 1,4 point de plus en un an.

En matière de détection et de prévention, la MSA mise sur les Sentinelles agricoles. Ce réseau de volontaires issus du monde rural est formé pour repérer les signes de détresse chez les agriculteurs et les orienter vers les services adaptés. Quelque 6 552 Sentinelles formées sur l’ensemble du territoire national étaient recensées au 30 juin dernier. Parmi celles-ci, 27 % de salariés MSA et 17 % d’élus.

Les MSA reçoivent également des signalements concernant des personnes en situation de mal-être ou de risque suicidaire. Le déploiement du programme PMEA a permis de cibler spécifiquement les situations relatives au mal-être agricole, pour permettre un accompagnement personnalisé en fonction des causes identifiées. En tout, le réseau du programme PMEA a traité plus de 7 200 signalements sur les 18 derniers mois, dont 2 800 au premier semestre 2024, soit plus de 64 % des cas traités en 2023. En moyenne, chaque caisse du régime agricole traite 120 signalements par an. L’accompagnement des personnes est assuré par la MSA dans 64 % des cas, dont 46 % pour le service social.

Le dispositif de l’aide au répit constitue l’un des principaux moyens d’’action de la MSA, il vise à prévenir et à accompagner les assurés agricoles en risque d’épuisement professionnel. A cette fin, plusieurs dispositifs sont mobilisés : aide au remplacement, consultation psychologique, aide au répit administratif, groupes de paroles, etc.

En 2023, 4 585 assurés MSA ont été accompagnés, soit une augmentation de 17 % par rapport à 2022 confirmant la tendance observée l’année précédente. Parmi eux, 20 % sont des salariés agricoles et 80 % des non-salariés agricoles, majoritairement des hommes de 40 à 60 ans. En outre, 1 780 exploitants agricoles ont bénéficié de l’aide au remplacement. Pour cette même année, le Fonds national de prévention d’éducation et d’information sanitaire agricole (FNPEISA) a permis de financer 225 200 € d’actions au titre de l’aide au répit, dont 204 932 € de consultations de soutien psychologique (soit 6 708). En réponse à la crise agricole de l’année dernière, la MSA a mis en place une nouvelle aide au répit administratif. Une enveloppe supplémentaire de 1 M € a ainsi été débloquée pour financer des prestations à ce titre.

La MSA occupe un rôle majeur dans le déploiement du plan interministériel de lutte contre le mal-être agricole. Sur le terrain, les caisses sont notamment très impliquées dans la mise en place des comités pléniers et techniques.


Photo : Freepik
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