Dans des travaux présentés jeudi dernier, le Haut conseil de la famille de l’enfance et de l’âge (HCFEA) revient sur l’aide et le soin aux enfants et adolescents en pédopsychiatrie et santé mentale. A travers ces «compléments» au rapport de 2023, il poursuit ses réflexions et actualise un certain nombre de constats.
L’instance réitère son alerte à propos de la consommation de médicaments psychotropes chez les enfants et adolescents, alors que l’augmentation se confirme jusqu’en 2023. «Cette tendance est souvent accompagnée d’un côté, de pratiques déconseillées, telles que la prescription de médicaments avant l’âge de 6 ans des polyprescriptions, des durées de traitement longues, et de l’autre, du déclin des pratiques psychothérapeutiques, éducatives et sociales de première intention», relève-t-elle. Un phénomène à rapprocher des «difficultés structurelles» des secteurs d’activité de l’enfance en général, et en particulier de la santé et de la psychiatrie infantile. Celles-ci limitent la capacité des professionnels à apporter une réponse aux souffrances psychiques dans un délai raisonnable.
Dès lors, le HCFEA appelle à «changer de paradigme en inscrivant la santé mentale dans une approche préventive globale, et en portant une attention spécifique aux enfants en situation de vulnérabilité particulière». Il évoque notamment les enfants des collectivités d’Outre-Mer, ainsi que ceux en grande précarité ou concernés par une mesure de protection ou handicapés.
Le Haut conseil plaide pour «une réponse coordonnée» du médicosocial et de l’éducatif, ainsi que pour des financements pérennes et généralisés permettant de doubler les capacités d’accueil et de soins de qualité. «Cette mesure doit être associée à une réorganisation de la psychiatrie infanto-juvénile dans une « dynamique de secteur élargie » toujours territorialisée, mais décloisonnée», poursuit l’institution autonome placée auprès du Premier ministre. Elle défend une dynamique interministérielle, en matière de prévention et de soins et plaide pour un «choc d’attractivité», préalable indispensable à toute réorganisation, pour tous les métiers du champ de la santé psychique des enfants et adolescents.


