La Drees a récemment publié son ouvrage annuel «Minima sociaux et prestations de solidarité», présentant un panorama des différents dispositifs de redistribution en faveur des ménages les plus modestes.
L’année dernière, 33,3 Mds € ont été versés au titre des minima sociaux (1,1 % du PIB), en hausse de 3,2 % par rapport à 2023 (en neutralisant l’effet de l’inflation). Après deux ans de légère augmentation, le nombre d’allocataires connaît une croissance plus marquée (+1,3 %, après +0,5% en 2023 et +0,4% en 2022) pour atteindre les 4,25 millions.
Dans le détail, les effectifs du RSA se replient légèrement (-0,5 %), mais moins qu’en 2023 (-2 %), avec 1,84 million d’allocataires. A l’inverse, la croissance du nombre de bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) se poursuit, s’élevant à 1,4 million (+3,3 %). Quelque 754 500 personnes perçoivent le minimum vieillesse, soit une nouvelle progression de 4,3% (après +4,6% en 2023). Les effectifs de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) apparaissent également dynamiques (+4,7 %), «après des années de forte baisse», pour atteindre les 265 000.
En 2022, 9,1 millions de personnes étaient pauvres (leur niveau de vie étant inférieur à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 216 € par mois), soit 14,4% de la population. Les prestations sociales non contributives représentent 37 % du revenu disponible de ces ménages (14 % de minima sociaux, 10 % d’aides au logement, 10 % de prestations familiales et 3 % de prime d’activité). Mais malgré une augmentation en moyenne du niveau de vie de 363 € par mois, elles ne permettent pas de franchir le seuil de pauvreté.
Avec la fiscalité directe, les prestations sociales non contributives diminuent le taux de pauvreté de 6,9 points. Il s’élèverait donc à 21,3%, soit 13,5 millions de personnes, sans ces dispositifs. L’effet de la redistribution apparaît plus fortement marqué pour les familles monoparentales et nombreuses, les moins de 20 ans et les personnes handicapées de 15 ans ou plus.


