Le Cercle Vulnérabilités et Société (think & action tank indépendant dédié aux vulnérabilités du champ social et de la santé) et ses partenaires (Fehap, Ocirp, Synerpa) présentent les résultats d’une étude portant sur les préférences des Français en matière de financement de la perte d’autonomie.
Cette enquête confirme l’approche paradoxale de la population concernant la dépendance. Si une majorité des répondants (près de 70%) identifient le financement de la perte d’autonomie comme «un enjeu à haut risque», il n’apparaît pas toujours prioritaire face aux financements d’autres sujets (comme la santé, la défense, ou encore le pouvoir d’achat). Par ailleurs, 72% de la population ne se sentent pas concernés pour eux-mêmes ou pour leurs proches et la même proportion n’ont pris aucune initiative pour anticiper ce risque. Le niveau de connaissance reste également insuffisant, 7 Français sur 10 se sentent peu ou pas informés sur les solutions de financement existantes.
Quatre scénarios de financement ont été testés auprès des sondés. La piste du maintien du niveau actuel de prise en charge financé par une hausse généralisée des impôts et cotisations apparaît comme la moins acceptable (15% des interrogés y adhèrent en premier choix et 31% en second). En revanche, le redéploiement des dépenses publiques existantes vers la dépendance (34 % en premier choix, 59 % en second) et le renforcement de la participation individuelle, ciblée sur les capacités contributives (30 % en premier choix, 58 % en second), sont davantage soutenus. Trois mesures s’imposent comme des «îlots de consensus». Elles visent à affecter 1% du budget de chaque ministère au vieillissement de la population (41%), à mettre en place un prélèvement ciblé sur certaines catégories, comme les hauts revenus ou les entreprises polluantes (30%), et enfin à créer un panier moyen de prise en charge garanti, qui pourrait être complété par des options personnalisées (31%).
Ces différents constats conduisent à cinq recommandations, visant notamment à «prioriser les mesures les plus consensuelles». En termes d’information, une adaptation des messages «selon les publics cibles» et un renforcement de la pédagogie sont préconisés. Enfin, le Cercle Vulnérabilités et Société défend la mise en place d’expérimentation locale de mécanisme de financement ainsi que l’organisation d’une convention citoyenne en vue de «favoriser une délibération démocratique autour d’un enjeu d’avenir».


