Le collectif d’agents publics a publié recemment son troisième rapport sur l’état des services publics, consacré aux inégalités. Il se penche notamment sur la santé, tout en reconnaissant que celle-ci «n’est pas formellement un service public, puisqu’elle est assurée en grande partie à des acteurs privés».
«La France se caractérise par un double constat : une inégale répartition des densités médicales départementales et un accroissement de ces inégalités sur une période de 15 ans», observe le collectif. Il rappelle que les départements ruraux et du centre sont les moins bien dotés en praticiens, (comme l’Eure, 169 médecins pour 100 000 habitants, ou l’Ain, 181). Le rapport souligne également un «maillage territorial de plus en plus lâche concernant les établissements de santé et des structures d’urgence et de soins» impliquant des «inégalités d’accès significatives».
Globalement, la rémunération des professionnels de santé et les règles de remboursement des soins «apparaissent comme des leviers de lutte contre les inégalités d’accès aux soins». La tarification à l’acte, en ville comme à l’hôpital, favorise «une forme de prise en charge particulière (basée sur des actes techniques isolés) et semble moins adaptée pour les personnes atteintes de pathologies lourdes» ajoutent les auteurs. L’augmentation «importante» des dépassements d’honoraires est également pointée comme facteur d’aggravation des inégalités. Par ailleurs, «le transfert de prises en charge de soins vers l’assurance maladie complémentaire est une source d’inégalité».
Le rapport revient également sur le déploiement des espaces France services. «Une grande hétérogénéité dans la qualité de l’offre, en raison notamment des relations partenariales entre France services et les opérateurs qui lui sous-traitent leur guichet» est notamment relevée. Fin 2024, quelque 2 800 espaces étaient labellisés, incluant des antennes mobiles, fixes et itinérantes. Leur augmentation rapide «n’empêche pas l’existence d’inégalités dans le maillage territorial et dans les moyens alloués à chaque structure». Certaines zones, comme l’Auvergne, les Hautes-Alpes ou l’Aude, «bénéficient d’un maillage dense», quand d’autres «souffrent d’un sous-dimensionnement relatif», notamment dans les départements urbains.

