dans POLITIQUE DE SANTÉ

Dans son discours prononcé pour la soixantième édition du salon Santexpo, organisé par la Fédération hospitalière de France (FHF), la ministre de la Santé a listé ses priorités pour l’hôpital.

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«Face aux défis pour notre protection sociale, face au mur démographique, face aux enjeux d’accès aux soins, face aux progrès de la médecine et à ses coûts induits qui menacent la soutenabilité financière du système, mais surtout face à ses propres défis, l’hôpital n’a jamais été aussi attendu, ni aussi indispensable», a indiqué Stéphanie Rist lors de ce grand rendez-vous du monde de la santé. La ministre est ainsi revenue sur «trois chemins» qu’elle souhaite «mettre sur de bons rails pour l’avenir de l’hôpital».

La locataire de l’avenue de Ségur entend «poursuivre l’ouverture du système hospitalier sur son environnement extérieur». Dans les prochaines semaines, elle réunira à cette fin un premier comité stratégique national qui rassemblera l’ensemble des acteurs. Quatre leviers ont déjà été avancés, à commencer par le développement des activités complémentaires ou alternatives à l’hospitalisation complète. La ministre entend également «poser un acte II» en matière de coopération, en cette année de célébration des 10 ans des GHT. La priorité sera aussi de dépasser «le vieux clivage ville-hôpital». Stéphanie Rist veut ainsi faire aboutir la réforme des modes de financement de la radiothérapie et de la dialyse, mais aussi «aller plus loin et entamer les discussions pour pouvoir faire converger les modes de rémunération des médecins». Elle plaide en outre pour un «dépassement public-privé». Une mission sera confiée à des personnalités qualifiées et à l’IGAS afin de «mieux accompagner, et embarquer l’ensemble des acteurs dans une logique de coopération, d’efficience et d’accès aux soins pour tous».

Le deuxième pilier évoqué vise à «continuer d’améliorer le rapport au travail». Concernant la santé des professionnels, un plan d’action opérationnel sera annoncé dans les prochains jours. «Je ne veux pas oublier l’enjeu de la protection sociale complémentaire de la Fonction Publique Hospitalière, en jachère depuis de trop nombreuses années», a ajouté la ministre. Alors que la réforme du métier d’infirmier doit aboutir en 2026, «le renforcement des métiers et des compétences» s’impose également comme une priorité. Stéphanie Rist a notamment évoqué la situation des IPA rappelant qu’un comité de suivi de la profession doit permettre de «faire évoluer leur cadre d’exercice».

Un plan structuré visant à «développer l’expérience patient» a également été annoncé. Il devra permettre de «renforcer le rôle du patient comme acteur de sa santé», «mieux prendre en compte son vécu tout au long du parcours de soins» et «valoriser son implication dans le système et soutenir les initiatives locales d’innovation».

Enfin, un «cap politique» sera dressé avec le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou et la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Camille Galliard-Minier, pour l’attractivité des métiers du soin et du lien. Il devra notamment intégrer le déploiement de la VAE et la réforme de la formation continue. Dernier point abordé, l’investissement. Une instruction «donnant une visibilité sur les 10 prochaines années» sera publiée dans les prochains jours. En tout, 6 Mds € seront investis par l’Etat pour soutenir les projets en région.

Après ce discours, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a salué «un diagnostic lucide» et «plusieurs orientations structurantes pour les années à venir». Pour le représentant du secteur privé cette approche «reconnaît la nécessité « d’un horizon mobilisateur », fondé sur la coopération entre tous les acteurs de santé, publics comme privés». Toutefois, «reste un regret et des inquiétudes intactes quant à l’absence de mesures concrètes pour la formation et la rémunération des professionnels des établissements de santé».


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé

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