Dans son rapport public annuel, consacré à la cohésion territoriale et à l’attractivité des territoires, la Cour des comptes se penche notamment sur les soins hospitaliers.
Avec quelque 2 380 sites hospitaliers répertoriés en 2023, le maillage est certes dense, mais avec des disparités selon les territoires. La distance entre les établissements et le domicile reste stable, mais varie toutefois en fonction du type de pathologie. L’offre en obstétrique est la plus proche, soit 25 km, tandis que la distance la plus longue concerne les transplantations d’organes avec 119 km.
«Une tension s’exerce (…) entre la nécessité de concentrer les activités, en raison de la spécialisation de la médecine, et le besoin de proximité lié au vieillissement de la population et à l’accroissement de pathologies chroniques», observe la Cour des comptes. Elle rappelle en outre la situation financière dégradée des établissements de santé (2,4 Mds € de déficit en 2023 pour les hôpitaux publics) cumulée à l’absence de personnel soignant ou de compétence.
Les Sages de la rue Cambon relèvent que «l’association des collectivités territoriales aux projets d’évolution de l’offre hospitalière (…) en favorise la réalisation». En outre, l’organisation d’une «offre hospitalière de qualité» repose sur la mise en œuvre d’une gradation des soins, «aujourd’hui inachevée».
La structuration des filières coordonnées de soins connaît plusieurs freins, en particulier «le nombre insuffisant de médecins et autres personnels soignants». En revanche, la mise en place de directions communes dans les groupements hospitaliers de territoires, jugée trop limitée, ainsi que le partage du temps médical «favorisent les modalités de coopération et la mise en place de parcours de soins».
La Cour juge également «nécessaire» de définir une stratégie nationale d’évolution de l’offre hospitalière, fondée sur la gradation des soins, et d’améliorer pour les ARS les moyens de sa mise en œuvre et de son adaptation aux besoins locaux «notamment en développant des autorisations multisites». Un recentrage du fonds d’intervention régional sur sa mission de recomposition de l’offre de soins est également évoqué.


