dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Nous consacrons ce numéro d’ESE à la lutte contre la fraude. Davantage que de s’étendre sur les batailles de chiffres, nous nous sommes concentrés sur les méthodes, les outils et l’action des professionnels qualifiés agissant dans cette guerre silencieuse menée contre les « profiteurs » des failles de notre système social. Autant dire que se frotter quelques heures à la réalité du terrain peut faire un peu « froid dans le dos » tant on dépasse, et de loin, le cas de la simple malversation avec la carte Vitale tournant en boucle sur les chaînes d’informations continues.
Outre les détournements orchestrés par certains usagers ou professionnels de santé, la menace constituée par les bandes organisées dépasse tout ce à quoi les acteurs sont préparés à lutter contre depuis une décennie. Très vite, on se rend compte que les équipes font désormais face des profils allant de petits réseaux mafieux jusqu’à des narcotrafiquants. Car oui, la fraude sociale est désormais considérée comme une « diversification d’activité ». Glaçant !

Pour comprendre la portée de ces changements, il est essentiel de se pencher sur les causes. Très vite, la question de la numérisation trop lente de l’information. Si les administrations publiques, et la Sécu en premier lieu, ont fait des progrès considérables, le « papier » reste toujours présent dans des pans majeurs comment l’hôpital et la médecine de ville. Une brèche dans laquelle il semble facile de s’engouffrer. De même, l’émergence du trafic de données en ligne nous renvoie aux questions de sécurisation et de souveraineté des solutions informatiques déployées. Un sujet qui n’a que trop souvent été minoré ces dernières années. Avant tout pour des raisons budgétaires. Plus largement, ce qui frappe sur le modus operandi de ces nouveaux fraudeurs est de comprendre leur connaissance, mieux leur expertise, du système. Car l’extrême complexité de notre réglementation ne les rebute pas. Bien, au contraire…
Demain, l’IA parviendra-t-elle à colmater tout cela ? De l’aveu même des concepteurs de ces nouvelles technologies, point de remède miracle en vue. Au moins, les délais entre réalisation et détection de l’acte frauduleux devraient être réduits. Nos capacités d’anticipation devraient être également décuplées, mais nous ne récupérons pas de sitôt les fameux 14 Mds € de prestations/cotisations sociales (estimation du HCFiPS) détournés chaque année. Dure vérité qui ne doit pas, pour autant, nous faire baisser les bras.

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