Les jeunes, les plus diplômés et les habitants des grandes villes sont plus nombreux à recourir à la téléconsultation, confirme une étude publiée hier par la Drees et l’Insee.
Après avoir explosé pendant la crise sanitaire (13,5 millions chez les généralistes libéraux en 2020), le nombre de téléconsultations a fortement diminué. La Drees souligne toutefois une pratique «pérenne». Les omnipraticiens ont effectué 5,4 millions de consultations à distance en 2023 (soit 2,2 % de l’ensemble des consultations), après 7,6 millions en 2022 (3 %) et 9,4 millions en 2021 (3,7 %).
En 2024, 15 % des 18 ans ou plus déclarent avoir recouru au moins une fois à la téléconsultation au cours des douze derniers mois. Parmi ceux ayant consulté au moins une fois un médecin, en cabinet ou à distance, cette proportion grimpe à 18 %
Les jeunes, les diplômés du supérieur ainsi que les personnes ayant un niveau de vie élevé et celles en bonne santé recourent davantage à cette pratique. Ainsi, les moins de 45 ans consultent à distance quatre fois plus souvent que les 60 ans ou plus, et les diplômés du supérieur, en moyenne, deux fois plus souvent que les personnes titulaires d’un CAP ou d’un BEP.
Par ailleurs, 21 % des habitants de grands centres urbains ont téléconsulté, contre 12 % de ceux résidant dans les centres urbains intermédiaires, les petites villes ou les ceintures urbaines et environ 10 % des habitants dans le rural périurbain ou non périurbain. Par ailleurs, les résidents des communes sous-dotées en médecins généralistes ont un peu plus souvent eu recours à cette pratique au cours des douze derniers mois : 17 %, contre respectivement 14 % et 15 % pour les habitants des communes moyennement et bien dotées.
Concernant les motifs, 43 % des personnes recourant à la téléconsultation évoquent des délais d’attente trop longs pour un rendez-vous en cabinet, 33 % le besoin d’une consultation en urgence et 20 % le renouvellement d’une ordonnance ou un certificat médical.
La grande majorité des sondés dans le cadre du Baromètre d’opinion de la Drees (73 %), conduit en 2023, voient dans les téléconsultations un moyen de lutter contre les déserts médicaux. Cette perception est particulièrement forte chez ceux la pratiquant (85 %, contre 71 % des personnes ayant consulté en cabinet ou n’ayant pas consulté). Pourtant, plus de huit personnes sur dix estiment qu’elle déshumanise la relation entre patient et médecin. Et pour plus de six sur dix, elle augmenterait le risque de fuite de données personnelles de santé. Enfin, 42 % considèrent que la téléconsultation devrait être autorisée uniquement avec son médecin traitant et 31 % avec des médecins que le patient a déjà vus.
Selon les chiffres diffusés lors des Assises de la téléconsultation, le mois dernier, leur nombre total est reparti à la hausse l’année dernière, atteignant les 13,9 millions. La ministre de la Santé a également annoncé une feuille de route nationale pour 2026-2028.


