dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Comme d’habitude, la France aime se déchirer à tout propos. Quitte à oublier les réformes qu’elle a portées de manière plutôt consensuelle.

Fait peu fréquent, il faut le dire. Durant les premiers pas du débat sur le PLFSS 2026, nous eûmes déjà les groupes de gauche prôner une baisse de la CSG, affaiblissant son principe (CQFD !), au motif de favoriser le pouvoir d’achat des ménages. Oubliant alors son combat historique des années 90 pour asseoir un financement plus équitable de la solidarité nationale…
En 2009, Roselyne Bachelot obtient un soutien quasi-consensuel sur sa réforme HPST s’agissant de la création des ARS. La raison en était simple : le bon sens de promouvoir des politiques régionales plus proches des réalités territoriales valorisant les innovations et les acteurs de terrain tout en amorçant un début de coopération entre ville et hôpital. Bref, sur le papier, la démarche est stimulante. État et Assurance Maladie coalisent alors leurs moyens, et savoir-faire, selon le principe de subsidiarité dans le champ de la santé. Du bon sens vous dit-on !
Malheureusement les réalités furent dès le début, toutes autres. Administrations centrales et ministres, y compris certains signataires de la pétition contre l’annonce récente de Sébastien Lecornu, mirent des « bâtons dans les roues » dans cette amorce de déconcentration. Perdre du pouvoir, déléguer ? Vous n’y pensez pas ! Les ARS doivent être « verrouillées » par l’échelon central. Elles ne sauraient s’émanciper de la tutelle de Paris. Dès lors, le paysage sanitaire, se voyant rajouter une couche administrative de plus, ne sut pas pleinement exploiter les potentialités des dynamiques territoriales. Au grand dam de tous, frustrés des freins maintenus ici et là. Longue vie à la France « de l’à peu près » et sus à celle de la « rupture ».

En se penchant sur le sujet, Sébastien Lecornu pouvait laisser entrevoir un retour aux principes originels. Or, en voulant recentraliser le pilotage de la santé via la voie préfectorale, nous pourrions déboucher, sur le papier, sur une situation potentiellement pire que l’actuelle. Bref, une absurdité totale !
Que faire alors ? Parfois les révolutions se font sur des détails. Débureaucratiser et simplifier les multiples rouages imprégnant le système de soins, synonymes de perte d’efficience et de coûts inutiles, pourrait déjà être une première amorce de changement.


Illustration : vectorstock
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