Globalement passées sous silence par les médias européens, les initiatives de déstructuration du modèle sanitaire et social américain pullulent depuis l’investiture du président républicain.
Cela avait commencé par un bâillonnement des milieux universitaires et scientifiques. Privés comme public d’ailleurs. Les choses s’empirent depuis. Entre suppression en masse de postes de recherche, comme au très côté NIH, coercition financière des acteurs et arrêt de toute de coopération internationale, la machine Trump déconstruit tout sur son passage. Or, quand le premier pôle mondial de recherche médicale s’enferme dans une forme d’isolationnisme scientifique forcé, les retombées sur la prochaine décennie s’annoncent dramatiques. Pis, une récente étude du très sérieux magazine Lancet indiquait que le démantèlement du plan d’urgence national de lutte contre le VIH pourrait avoir pour conséquence directe qu’un demi-million d’enfants américains pourraient décéder de cette maladie d’ici 2030. Surréaliste et effrayant !
En parallèle, c’est la Social Security américaine qui se trouve en situation de grave danger. Si le candidat Trump annonçait vouloir revoir les mécanismes, au nom de prétendues économies budgétaires et administratives, le président et son équipe gouvernementale détricotent chaque jour un peu plus les rares mécanismes de solidarité nationale existants. À ce rythme, pour les couvertures santé Medicare et le Medicaid, ce sera bientôt bye bye. Dans un pays où les inégalités sociales et sanitaires sont déjà fortes, les répercussions sur une partie de la population s’annoncent désastreuses à terme. Dire qu’on reprochait à l’administration Biden de rencontrer des difficultés d’accès aux médicaments de base… Quant au système de retraite, principalement financé par capitalisation, la chute des indices boursiers va-t-il potentiellement porter un coup fatal à un modèle de financement déjà bancal par construction ?
Si nous autres européens semblons loin de tout cela, nous ferions une grave erreur de prendre cette lame de fond ultraconservatrice à la légère. Le pire dans toute cette histoire étant que les oppositions politiques, syndicales et plus globalement, l’opinion publique américaine, semblent comme anesthésiées par ce qui passe sous leurs yeux. À quand le wake up call* ?
* réveil


