Alors que l’intégralité du programme de Yannick Jadot, candidat EELV à la présidentielle, a été dévoilé le 2 février dernier, deux de ses conseillers, Eva Sas et Guillaume Duval, avaient présenté la veille ses principales propositions dans les champs de la santé et du social lors d’une rencontre avec l’Ajis (Association des journalistes de l’information sociale).
Yannick Jadot veut faire de la santé environnementale une priorité, face au constat de l’explosion des maladies chroniques «liées à la pollution de notre environnement et à une alimentation industrielle». Il souhaite notamment s’appuyer sur un système de bonus-malus dans tous les domaines. Plus globalement, ce projet vise à «passer d’une politique de soin à une politique de santé», avance Eva Sas. Elle explique : «notre objectif est que la prévention ait toute sa place (…). Aujourd’hui le déficit de l’Assurance Maladie est dû à l’augmentation exponentielle des maladies chroniques, nous voulons prendre la question à la base et agir sur leurs causes».
Pour l’hôpital public, le candidat EELV défend notamment le recrutement de 100 000 infirmiers. Une revalorisation des salaires est également prévue à hauteur de 10% ainsi qu’une prime de retour au public. Le financement des établissements serait appuyé «sur les besoins réels de la population» et la tarification à l’activité réservée aux seuls actes techniques et programmables. Une reprise de la dette des établissements est également prévue dans le programme. Il comprend également le renforcement de la place des usagers et des personnels dans la gouvernance de l’hôpital.
Pour lutter contre les déserts médicaux, Yannick Jadot préconise de conditionner l’installation sous conventionnement dans les zones sur-dotées au départ d’un autre médecin. La première année d’internat et les deux premières années d’exercice devront être réalisées dans les territoires identifiés comme sous-denses. Par ailleurs, Yannick Jadot souhaite favoriser le salariat dans les maisons de santé.
Les Verts ne sont pas convaincus par le scénario d’une «Grande Sécu» et l’étatisation du système. Guillaume Duval a ainsi estimé qu’un tel dispositif pouvait avoir «plus d’ effets pervers que d’avantages». Le conseiller du candidat a par ailleurs reconnu «un problème» concernant la complémentaire santé des retraités «pour laquelle il faudra trouver des solutions».
Concernant la santé au travail, Yannick Jadot plaide pour le retour des CHSCT, il veut également mettre l’accent sur la prévention (en mobilisant les excédents de la branche AT-MP).
En matière de perte d’autonomie, une réforme des droits de succession permettrait en particulier de financer la dépendance. Yannick Jadot souhaite également «mettre un coup d’arrêt sur le développement des offres du privé à but lucratif» pour soutenir le non lucratif, indique Guillaume Duval. «En matière d’accompagnement, nous souhaitons qu’il y ait au moins 8 personnels pour 10 résidants, ce qui suppose de renforcer les contrôles. Nous voulons aussi revaloriser l’APA», précise Eva Sas. Le coût pour les départements serait compensé. Le candidat EELV souhaite aussi développer « des lieux de vie intermédiaires (…) en encourageant l’émergence de projets coopératifs d’habitat partagé portés par des structures de l’économie sociale et solidaire ».
Au sujet des retraites, un report de l’âge de départ est fermement écarté. Yannick Jadot compte par ailleurs agir sur la pénibilité pour diminuer les écarts d’espérance de vie en bonne santé entre les cadres et les ouvriers.

