dans FORMATION

Fin janvier, le Haut Conseil du Travail Social a publié les conclusions des travaux de son groupe de travail dédié à la prospective du travail social d’ici 2050. Un exercice de projection tantôt porteur d’espoirs… mais aussi d’inquiétudes pour le devenir des professionnels du secteur.

La lecture du rapport « Le travail social en 2050 », rédigé par un groupe de travail piloté par le Haut Conseil du Travail Social (HCTS), se révèle parfois des plus déroutantes tant la grille de lecture proposée n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Et ce, à tous les niveaux autant sur les transformations anticipées que sur les chantiers structurels qui s’imposeront. Un angle qui prévaut tant les experts se veulent clairs sur un point : les métiers du social vont faire face à un « tsunami qui menace leur devenir ».

Des futurs opposés

La perspective de 2050 relève tout autant du court que du moyen terme, tant les transformations de l’intervention sociale s’opèrent désormais de façon accélérée. Les travaux projettent cette dynamique à plusieurs niveaux sous deux angles : un avenir souhaité et un autre davantage à craindre.

Côté pile, une approche plutôt optimiste. La transition numérique serait un véritable levier d’efficience pour les politiques sociales en améliorant l’accès aux droits et l’efficacité des modes d’accompagnement. Son pendant démographique verrait le vieillissement de la population s’inscrire dans une société plus inclusive et plus solidaire. Celle-ci verrait d’ailleurs le « Grand âge être envisagé non plus comme un fardeau, mais comme une étape de vie valorisée ». Le tout, dans une logique sociétale favorisant le bien vieillir. De son côté, le cadre institutionnel serait profondément rénové en faisant primer la coopération et la subsidiarité « sur la compétition et la lourdeur administrative ». En conséquence, les politiques sociales seraient davantage décentralisées et participatives. La formation professionnelle bénéficierait également de cette nouvelle configuration en voyant les pratiques davantage s’orienter vers la prévention, la co-construction et l’action collective.

Côté face, un scénario plus sombre. La digitalisation généralisée, faisant de la logique algorithmique la règle d’or, se matérialiserait avec une « ubérisation » du travail social résultant d’une forte montée en charge des plateformes privées de service à la personne. De plus, la complexification des démarches en ligne engendrerait une hausse du non-recours aux droits. Sur le plan démographique, le vieillissement sociétal, mal accompagné, entraînerait la création d’un système à deux vitesses porteur de « fractures générationnelles ». Un constat d’autant plus renforcé que l’état des finances publiques accélérerait le désengagement de l’État dans la sphère sociale. Les experts craignant en sus que des « dérives bureaucratiques et technocratiques » entraineraient une « maltraitance institutionnelle des publics ».

Nécessité d’anticiper

En confrontant deux visions de demain, volontairement très opposées, les experts du HCTS invitent implicitement le lecteur à se projeter sur une autre voie, se situant davantage à mi-chemin. Cadre dans lequel s’inscrivent leurs préconisations. Outre des réformes institutionnelles promouvant la débureaucratisation et la « fin du management purement quantitatif » dans la sphère sociale, le Haut conseil prône « un sursaut professionnel pour remettre le sens au cœur des pratiques ». Pour cela, l’instance insiste sur le fait que soit intégré dans le temps de travail « un temps dédié à l’analyse, la formation et la recherche ». Une démarche qui permettrait de « redonner des marges d’initiatives et de décision » aux professionnels du social.

Les rapporteurs, s’ils ne s’aventurent pas à déterminer de façon définitive ce que sera l’avenir du travail et des interventions sociales, émettent néanmoins des hypothèses poussant les décideurs publics à opérer des choix structurants. Une chose est néanmoins certaine : l’inaction ou le statu quo ne le sont pas. Un beau sujet que le HCTS souhaiterait voir aborder dans le cadre de l’organisation en 2026 d’une Grande Conférence Nationale Prospective qu’il appelle de ses vœux.

Former, c’est anticiper !

Pour répondre aux enjeux de formation de vos collaborateurs, l’Institut 4.10 déploie plusieurs offres opérationnelles pour accompagner l’évolution de leur pratique dans leur quotidien.

Photo : Freepik
Articles recommandés

Tapez votre recherche et pressez ENTREE pour la valider