dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

À ceux d’entre vous qui cherchent, comme nous d’ailleurs, de l’optimisme par les temps qui courent, nous déconseillons d’écouter les échanges ayant lieu au sein de l’hémicycle ou bien dans la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale. Ce qu’il s’agisse du projet de budget de l’État ou celui de la Sécu. Entre les imprécisions, les caricatures, la méconnaissance des mécanismes, et la défense de certains intérêts sectoriels, le spectacle qui nous est servi de tous bords depuis une dizaine de jours à de quoi décontenancer !

Les auditions du directeur de la CNAM sont en cela assez révélatrices. Car, si majoritairement sont salués les constats et conclusions du document « Charges et Produits » de juillet dernier, nos parlementaires sont les premiers à vouloir aseptiser, voire détricoter, les mesures matérialisant les propositions de l’assurance maladie. Celles portant sur les dépassements d’honoraires et la lutte contre les rentes tiennent peut-être le pompon. Mais dans cette histoire du PLFSS 2026, on peut dire que les torts sont partagés. La manœuvre gouvernementale visant à compenser une partie de la suspension de la réforme des retraites par un sur relèvement des taxes imposées aux Ocam semble relever, avec une pointe d’ironie de notre part, du génie français qui confine à l’absurde. Doit-on s’en étonner ? Il y a vingt ans de cela, un précédent gouvernement avait financé le passage aux 35 heures par une hausse de la taxation sur le tabac et sur les activités polluantes. En tant que simple spectateur des choses, ne pourrait-on pas se demander si nos (dés) équilibres budgétaires ne seraient-ils pas dans le fond qu’une question de tuyauterie ? La réalité des faits semble parfois l’indiquer.

Mais au-delà du fait qu’il est parfois difficile de ne pas exprimer une forme de consternation devant l’affligeant spectacle auquel nous assistons. Vus d’ailleurs, nos voisins européens continuent d’être estomaqués devant cette dérobade collective alors que le précipice n’est pas loin. L’expression de « se tirer une balle dans le pied » n’a peut-être jamais été aussi adaptée qu’à ce moment présent. Et ce, alors que ce pays dispose encore d’immenses atouts structurels.
L’analyse des trajectoires budgétaires impose un constat implacable : le plus dur est incontestablement devant nous. Or, nous calons dès le premier obstacle. Qu’en sera-t-il pour les années à venir ?

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