dans POLITIQUE DE SANTÉ

L’Insee a publié lundi dernier les dernières projections de population, allant jusqu’en 2070. Les Français seraient alors plus âgés et probablement moins nombreux.

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La population française devrait continuer à augmenter légèrement pour atteindre 69,8 millions en 2037 (avec une croissance de 56 000 habitants par an en moyenne). «Cette croissance serait exclusivement portée par un excédent migratoire. En effet, le solde naturel, devenu négatif en 2025 continuerait de diminuer jusqu’en 2070, d’abord et surtout sous l’effet d’une hausse des décès, puis d’une baisse des naissances», souligne l’Insee. Mais au-delà de 2037, le solde migratoire ne compenserait plus le déficit naturel.

Selon le scénario central, la population diminuerait alors à un rythme moyen de -118 000 personnes par an, pour s’élever à 65,9 millions d’habitants en 2070, soit un niveau de population proche de celui de 2014 (66,1 millions). Toutefois, «la décrue de la population totale n’est que probable : à horizon 2070, il y aurait entre 61 à 71 millions de personnes en France, selon que l’on abaisse ou élève l’hypothèse de fécondité ou de solde migratoire». En revanche, le vieillissement de la population «est certain».

Selon ces projections, le nombre d’habitants de moins de 45 ans devrait, en 2070, se replier à 8,9 millions, tandis que celui des 45-64 ans resterait quasi stable et que celui de 65 ans ou plus augmenterait de 5,8 millions (passant de 15,3 millions en 2026 à 21,1 millions). La hausse du nombre de personnes âgées serait essentiellement portée par celle des 80 ans ou plus (+4,6 millions), et le nombre de centenaires pourrait même être multiplié par 4. L’Insee estime par ailleurs qu’en 2040, il y aurait 49 personnes de 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans, contre 40 en 2026.

Réagissant à ces données, l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) souligne que ces «défis démographiques exigent des réponses concrètes et immédiates» pour «garantir une vieillesse digne pour les aînés d’aujourd’hui et un avenir serein pour les jeunes de demain». L’organisation présente ainsi plusieurs demandes, notamment «intégrer les attentes exprimées par les personnes âgées dans toutes les décisions qui les concernent», «accorder le financement pérenne de services adaptés, accessibles à tous, pour éviter une fracture générationnelle et sociale», ou encore «financer en conséquence le nombre de professionnels suffisants en établissement (a minima 8 professionnels pour 10 résidents) et d’un tiers dans les services à domicile». L’AD-PA appelle également à poursuivre la concertation avec les acteurs de terrain (collectivités, associations, professionnels de santé) afin «anticiper les besoins et innover dans les solutions».


Photo : Freepik
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