dans AUTONOMIE

Face au virage démographique, le gouvernement entend proposer une diversité d’habitats partagés entre le domicile et les Ehpad. Une feuille de route sera prochainement élaborée, sur la base des recommandations formulées dans un récent rapport par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD).

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«L’habitat partagé est un levier essentiel pour préserver l’autonomie des personnes âgées et lutter contre leur isolement. Avec la mobilisation France Autonomie, la diversification des lieux de vie est une priorité», observe Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées. En fin de semaine dernière elle a annoncé, avec Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, le lancement d’une feuille de route conjointe «pour accélérer le développement de l’habitat partagé». Elle sera élaborée «dans les prochaines semaines» avec les acteurs du secteur. Ces logements recouvrent les résidences autonomie, les résidences services seniors privées ou encore l’habitat inclusif et les cohabitations intergénérationnelles. A ce jour, seules 236 000 solutions sont recensées.

Des fonds seront mobilisés par la CNSA dès cette année. La feuille de route devra soutenir le développement de solutions à la fois dans le parc privé et dans le parc social en mobilisant l’ensemble des acteurs du logement et du médicosocial. «Une attention particulière sera portée aux mesures de simplification pour les porteurs de projets et à une meilleure lisibilité de cette offre pour nos concitoyens», précise le gouvernement. Un accompagnement renforcé sera également expérimenté dans plusieurs territoires pilotes, avec l’appui de la Caisse des dépôts. La démarche vise à aider les élus locaux et porteurs de projets à développer des solutions adaptées aux réalités du terrain.

L’annonce des ministres intervient suite à la remise du rapport de l’IGAS et de l’IGEDD relatif aux diverses formes d’habitat partagé adaptées au vieillissement. La mission appelle à «agir très rapidement pour conforter l’offre existante et la développer, dans le cadre d’une stratégie propre à chaque département». Elle propose d’ailleurs un outil de simulation des besoins territoriaux. Plusieurs recommandations sont également formulées pour donner un coup d’accélérateur à ces types d’habitat, à commencer par la définition d’un cadre juridique. Les deux Inspections générales estiment également qu’il faudrait fixer des objectifs de développement d’ici 2040, soit 48 000 places supplémentaires en Ehpad et 120 000 places en résidence autonomie. L’accent devra par ailleurs être mis sur l’amélioration de la qualité de l’accompagnement, tout en consolidant le modèle économique.


­Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé
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