dans POLITIQUE DE SANTÉ

Stéphanie Rist a annoncé le 12 janvier le lancement de la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, dans la foulée de la remise d’un rapport dédié au sujet.

«La désinformation en santé fragilise la prévention, la confiance et parfois même l’accès aux soins. Avec cette stratégie nationale, nous faisons le choix de l’écoute, de la transparence et de la science, pour permettre à chacune et chacun de disposer d’une information fiable et compréhensible, condition indispensable pour faire des choix éclairés en matière de santé», souligne la ministre de la Santé. La stratégie s’appuie sur les conclusions de la mission d’expertise indépendante confiée au Pr Mathieu Molimard, à la Pr Dominique Costagliola et au Dr Hervé Maisonneuve.

La feuille de route de l’avenue de Ségur comprend d’abord une phase «d’écoute et de consultation citoyennes» qui se concrétisera par des enquêtes d’opinion, un baromètre national et des communautés citoyennes en ligne, afin d’analyser l’exposition à la désinformation et les réflexes de vérification de l’information. La mise en place d’un Comité citoyen permettra également de formuler des recommandations sur le rôle des pouvoirs publics, qui seront présentées lors des Assises du numérique en santé, le 18 février prochain. La création d’un Observatoire de la désinformation en santé est également annoncée. Cette instance assurera une veille continue, publiera des baromètres et des travaux de recherche, et animera des groupes de travail thématiques.

Dès la fin du mois, un dispositif opérationnel d’infovigilance «permettra de détecter rapidement les fausses informations en santé, d’en analyser les ressorts et de diffuser des réponses fiables et pédagogiques», indique le ministère. Il s’appuiera sur un «réseau d’alliés» (experts, journalistes, institutions, créateurs de contenus) et proposera des formats adaptés aux réseaux sociaux ainsi que des réponses de référence via le site Santé.fr.

Sur le long terme, l’objectif est de renforcer «l’éducation critique à la santé dès le plus jeune âge». Le gouvernement entend ainsi poursuivre la responsabilisation des plateformes numériques et intégrer la désinformation en santé dans les programmes de recherche.

Dans son rapport, la mission recommandait également de développer un Info-Score Santé. Sur le modèle du Nutri-Score dans l’alimentation, cet outil permettrait, selon ces experts, d’évaluer la qualité éditoriale des sources d’information (traçabilité, validation scientifique, actualisation, gestion des erreurs, liens d’intérêt…) et d’offrir «un repère lisible pour s’orienter dans un paysage informationnel saturé».


Photo : Philippe Chagon / Cocktail Santé
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